LAURE ANDERS Animale

1 Oct 2015

 Animale, c'est un recueil de nouvelles...

 

...et c'est écrit par Laure Anders, une malouine, publiée Animale, c'est le fil rouge, ou sombre et noir comme les tourments de l'âme, qui lie entre eux ces dix neuf textes. Animale, c'est le mot qui caractérise parfaitement cette auteure.

 

A découvrir absolument, nous vous aurons pourtant prévenu...

 

Se sentir animal, c'est ressentir la peur, la crainte.


C'est aussi devoir se battre au quotidien pour manger, pour assurer sa survie, pour continuer à avancer malgré toutes les embûches qui se dressent sur notre chemin. Tout animal qui se respecte doit sortir les griffes, sortir les crocs, donner des coups de tête ou des coups de sabot. L'instinct, voici ce qui saute aux yeux durant ces nouvelles, quelque soit le postulat de départ. Instinct de survie, instinct de désirs également. Viscérale est l'écriture de Laure Anders.


C'est l'expression malsaine de ce que renferment nos entrailles, c'est le sixième sens de l'écrivain qui a conscience d'être bien plus que ce que l'on attend de lui. Écrire, c'est avoir conscience que nous sommes réellement bien plus fort que la fange de l'existence qui ne cesse de clouer nos ailes sur les portes de nos rêves, lesquelles se referment à chaque fois quu'ils semblent accessibles.
L'écriture comme un feulement, sensuelle, où les muscles roulent sous la peau, féline, captivante et pourtant, sous des atours attrayants, terriblement cruelle, sans fard face à la réalité qu'elle souhaite retranscrire.


Animale car elle ignore le pourquoi de l'existence, parce qu'elle s'en fout également. Elle est là, la vie, il faut bien faire avec. Alors l'écriture marque son territoire en pissant sur les « quand dira-t-on ». Oppressante, elle guette les proies que sont nos yeux et nos sentiments. Elle nous parle même si nous ne savons pas, plus, à quelle strate de nos propres souvenirs elle s'adresse.


Animale parce que prenante, poignante, elle nous couve en son nid de poésie aride, âpre. Elle nous caresse aussi les intestins, les malaxe, les tord, les digère, et nous, bêtes comme les chiens que nous sommes, nous y revenons en remuant la queue.

 

Animale, elle ne flatte pourtant pas nos plus bas instinct. C'est plus probablement une forme d'exutoire pour son auteure. C'est également le notre car le dégoût de nos vies s'unit avec le grandiose de chaque jour qui passe. Si dans la lecture nous apprenons à nous connaître, à réfléchir, en écrivant nous libérons la pensée d'autrui. En ce sens, ces nouvelles sont une parfaite réussite, elles chamboulent, retournent, amènent à penser autrement.

 

Animale car, finalement, nous ne sommes que cela, des mammifères, des primates avec une conscience, la conscience du beau et du caractère éphémère de la vie. Conscience que si hier était merdique, demain le sera tout autant, ou pas...

Please reload

Articles Récents
Please reload

Archives
Please reload

  • Facebook - White Circle
  • Twitter - White Circle
  • 1447126333_mail-icon