CHIODOS Devil

13 Oct 2015

 

Présenté comme groupe post-hardcore et rien...

 

...qu'à la dégaine du chanteur, tatoué de la tête aux pieds, du cou jusqu'aux aisselles comme tous les mutafuckers du rock'n roll, Chiodos (c'est quoi ce blase ?) armé d'une excellente pochette bien loin des codes du genre, nous intrigue à juste raison !

 

Comme quoi il ne faut jamais ô grand jamais se fier aux étiquettes, et risquer de passer à côté d'une bonne surprise musicale. Vous rêviez d'un peu de douceur dans un monde de brutes, de gros tatoués ?

 

Chiodos l'a fait !

Quatrième album pour les petits gars du Michigan, qui nous propose un album riche en références musicales et dont les influences, metal, progr, pop, nous laissent pantois tant le dosage est subtil entre les univers proposés, même si par moments nous avons l'impression de faire un grand écart avec des bottes de sept lieux, tandis qu'un vilain string fluo nous cisaille les amygdales ! Mais attention les montagnes du Porc-Epic se prêtent à la descente sans rappel.

 

L'album s'écoute facilement, docilement, calmement, et d'entrée nous sommes conquis par, mais par quoi, bordel ?

 

Par la capacité du groupe à pondre des mélodies de dingue, des refrains assassins qui sont légions, imparables, vous savez le genre de truc qui vous trotte dans la tête durant des heures comme Ug introduction, 3am et qui sont couplés à des arrangements lacrymaux du plus bel effet ! Violons, violoncelle, piano, gratte acoustique, tout y passe mais avec une aisance déconcertante, un sens des arrangements qui nous force à nous garer sur le bord de la highway de Flint, ou de Lansing pour simplement écouter ce great fucking album et ne plus être distrait par le ronflement imbécile de ce V12 carnassier.

 

Sur notre gauche, coule la rivière au sable et tandis que notre regard se perd sur les grands lacs, une envie folle nous parcourt l'échine: nous mettre à poil, courir, plonger dans cette eau froide pour faire partie de cet univers grandiloquent et ne plus faire qu'un avec nos émotions, celles-là mêmes qui nous excitent la coquillette, font que nous nous grattons le cortex jusqu'au sang.

 

Mais à quoi ces treize morceaux nous font-ils penser, bordel de merde ?

Alors nous poussons les enceintes de la caisse à donf, nous allumons une énième clope, nous fermons les yeux et petit à petit, se mettent à danser sur le tableau de bord, Avenged Sevenfold, My Chemical Romance, Ataris, Ill Nino, Dimmu Borgir, 30 seconds to mars etc...pour notre plus grand plaisir. Pourtant d'habitude nous sommes plutôt du genre à émasculer nous-mêmes ces visages pâles mal dégrossis qui abusent d'empreintes musicales trop explicites. Mais bizarrement cette fois-ci: rien !

 

Même l'ultra marshmallow under your halo (à la limite de la ballade pour teenagers boutonneux en quête de sensations...), nous indiffère, et c'est à peine s'il perturbe la fréquence métronomique de notre légendaire tap dance qui, après ce bain d'anthologie, nous a ressuscité bien plus que les idées.

 

Mais c'est quoi ce bordel de merde ?

Et si, et si Chiodos avait justement réussi son album (là où tant d'autres se vautrent lamentablement...), en insinuant le doute en nous, en nous faisant réviser nos jugements, nos vérités et en révélant ainsi toute la sympathy for the "Devil" qui est en nous?

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