BLUR The Magic Whip

14 Oct 2015

 

Il faut, paraît-il, ne pas rater les reformations des groupes mythiques.

 

Un des raisons est que nous ne savons pas combien de temps celle-ci durera ; quand nous essayons de rebâtir un groupe sur des ruines, l'édifice reste le plus souvent casse-gueule.

 

Alors quand un groupe, que nous avions cru à tort mort et enterré, décide de remettre le couvert, nous sautons direct sur leur nouvelle production, quite à être fortement déçu !

 

Pourtant, en ce mois d'avril 2015, et dans sa formation originale s'il vous plait (pas comme les Pixies il y a peu), c'est Blur qui s'y colle, avec un nouvel album intitulé The Magic Whip, douze ans après Think Thank, 15 après 13 qui marquait le départ du génial Graham Coxon. Pour ceux qui l'ignorent, Blur était à Oasis (groupe lui aussi sur le retour, se murmure-t-il, depuis la réconciliation des frangins Gallagher) ce que les Beatles étaient aux Rolling Stones, à savoir un excellent prétexte à écrire n'importe quoi pour vendre du papier ; quand la presse va, tout va.

 

Emergeant au début des années 90, ils portent haut l'étendard d'un nouveau courant musical, la Brit Pop, tandis qu'aux States s'énerve un jeune groupe grunge répondant au patronyme de Nirvana. Deux mouvements aux antipodes dont aujourd'hui plus personne, ou presque, n'ose se revendiquer. En fait de Brit Pop, Blur est devenu purement et simplement pop, avec parfois quelques relents plus pêchus se rapprochant du rock.

 

Si l'originalité de The Magic Whip est assez... anecdotique, il est assez étonnant de constater que le leader du groupe, l'omniprésent Damon Albarn, ait encore quelque chose à raconter après ses multiples expériences en groupe (Gorillaz, the Good The Bad And The Queen etc...), et ses projets solos (Dr Dee, Everyday Robots...) ou même en tant que producteur (Amadou Et Mariam...).

Cela nous donne-t-il cependant un disque au rabais ?

 

Disons le tout net (en nuançant cependant nos propos) : non ! L'album débute fort avec le single Lonesone Street, absolument parfait. Cette pépite pop, à l'aspect juvénile (tendant à nous faire croire que les quatre lascars, maintenant quadragénaires, n'ont en fait que 16 ans), est loin de lorgner vers la facilité malgré une ligne de chant facilement mémorisable et qui tourne et retourne dans nos caboches au point de nous rendre un chouia fêlé du bocal. C'est d'ailleurs là que Blur tape un grand coup : quasiment tous les titres de cet album de retrouvailles possèdent des mélodies qui s'immiscent en vous dès la première écoute. C'est donc un début frais, un début futé, qui nous permet d'entrer en communion avec le groupe.

 

Par la suite, les titres sont plus ou moins légers, plus ou moins mid-tempo, nous trimballant dans un univers à la fois joyeux et mélancolique. Les atmosphères sont distinctes et le savoir-faire des british, inchangé. Lignes de basse monstrueusement efficaces, avec une batterie servant d'appui inconditionnel par sa fermeté et sa rigueur. Les grattes s'en donnent elles aussi à cœur joie et nous sommes plus qu'heureux de constater que Graham Coxon is back. Sa patte est bien présente, importante comme un souffle d'air frais, un jour de canicule.

The Magic whip, comme le suggère l'affreuse pochette (bordel, quand on se reforme, on prend sur soi de soigner le packaging, bordel de merde), est assez acidulé mais sait aussi être plus profond. Dans le fond, pour les plus jeunes qui ne connaissent pas ce groupe, Blur ressemble pas mal à Gorillaz (peu étonnant cela dit...) si ce n'est que la cohésion sans faille des 4 fantastiques est un diamant indestructible. Ils ont pris du plaisir et ça se sent !

 

Si Blur n'est pas un groupe mythique à proprement parler, c'est néanmoins avec joie que nous le retrouvons. Sans doute que The Magic Whip ne révolutionne rien, qu'il ne bouscule aucun concept, qu'il n'est pas foncièrement original mais il reste fortement sympathique et fait le job (en étant maîtrisé de bout en bout).

 

C'est donc un retour que nous estimons gagnant pour Blur qui sait flatter nos tympans avec classe. Espérons cependant que le successeur de The Magic Whip ne mettra pas, lui aussi, douze ans à nous parvenir.

Please reload

Articles Récents
Please reload

Archives
Please reload

  • Facebook - White Circle
  • Twitter - White Circle
  • 1447126333_mail-icon