EELS The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett

2 Oct 2015

 

Mes biens chers frères, si nous sommes réunis ici, en ce jour...

 

...c'est pour célébrer ensemble la parution du dernier album de Eels sobrement intitulé The Cautionary Tales Of Mark Oliver Everett.

Avec ses 13 morceaux d'une pop minimaliste, souvent légère, recyclant, avec le savoir faire que nous lui connaissons, les ingrédients déjà présent lors de son premier album Beautiful Freak, Mark Oliver Everett, ayant laissé derrière lui son spleen et ses déprimes passées, nous livre un album posthume fier et ...


Quoi ? Que dites-vous ? Il n'est pas mort ? Non ! Sérieux ?

Pourtant, avec son atmosphère un peu rigide, sans guère de flamboyance, ou M.O.E, à la manière d'un Johnny Cash en fin de vie, se la raconte simplement, avec une voix presque atone, tout laisse à penser qu'il s'agit là d'un disque testament. Donc il n'est pas mort ? Mais est-il condamné ? Non ? On croirait, nous insistons, que ce disque équivaut à un César d'honneur... Si tout n'est pas mauvais (comment Eels pourrait-il livrer un album fondamentalement mauvais?), il nous laisse cependant un arrière-goût amer en bouche.

 

Son album précédent, plus vivant, laissait transparaître une hargne de guerrier et une mentalité combattante tandis que ce Cautionry Tales semble au contraire résigné, comme si après avoir enterré père, soeur et mère et avoir couvé un deuil de presque 30 ans M.O.E se retrouvait à court de vie (d'envie ?). Ne crachons tout de même pas dans la soupe, le tout est cohérent, bien joué, facile à écouté, joyeux (!), entêtant à la façon du refrain de Mistakes Of My Youth, mais il manque un truc fondamental inhérent à l'univers Eels, à savoir ce petit quelque chose qui étonne, qui nous prend direct aux tripes pour ensuite les étaler sur une toile impressionniste.

 

A l'image de son titre (les Récits Edifiants de Mark Oliver Everett dans notre belle langue), cet album semble être une continuité de l'autobiographie Tais-Toi Ou Meurs écrite il y a quelques temps déjà . Eels a besoin de vider son sac, cela ne laisse aucun doute, effet de la crise de la cinquantaine ou bien tourne-t-il tout simplement une page de son histoire? le titre qui illustre le mieux cela est Dead Reckoning, morceau lourd, voix grave, parlée et non chantée, ressemblant à s'y méprendre à une marche funèbre.

 

Eels nous annonce clairement un changement, ou pire encore, comme si le spleen qui l'avait si souvent habité menaçait finalement de l'engloutir, une fin de carrière. Gageons qu'il s'agisse de la première hypothèse car même si cet album nous laisse quelque peu sur notre faim, nous adorons ce type et sa discographie, quoi qu'en disent les tristes âmes, reste un exemple à suivre.

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