WE BUTTER THE BREAD WITH BUTTER Wieder Geil!

21 Oct 2015

Note pour la prochaine vie...

 

... naître en outre-rhin, vivre décomplexé du bulbe, à grands coups de wurtz, de Rammstein, d’hectolitres de bières, d’Emil Bulls, d’influences musicales parfaitement digérées, afficher crânement des réminiscences pop, deathcore, metalcore, techno-dub du plus bel effet, de celui qui permet de rester éternellement jeune ...

 

 

 

Vous cherchiez un groupe qui envoie le bois et qui soit dance à la fois, qui se moque des genres, des frontières et qui a l’audace suprême de se moquer de lui-même, en portant un nom ridicule, mais pourtant de bon aloi ? Allez ne farfouillez plus inutilement le net, cette perle rare s’appelle We Butter the Bread With Butter, Mutha fuckers…

 

Quatrième opus pour ce groupe de blancs-becs, qui a résolument tout compris en cette année 2015, à savoir que la musique, le rock, le metal, ne pourra se régénérer, qu’en abattant les cloisons, en roulant les tapis, en repoussant les limites sclérosantes de genres musicaux devenus obsolètes et dont la disparition ne devrait évidemment plus tarder.  

 

Ouf.

Dansant joyeusement sur la tombe de préjugés macabres, le groupe piétine toutes les idées reçues, en ne  faisant justement ce que personne n’attend, en ralentissant de manière inopinée le tempo, en balançant un refrain des plus pourris « rockstar, rockstar », qui du haut de sa cime popisante, réussit parfaitement à atteindre sa cible.

 

Et c’est bien évidemment ce qu’il y’a de terriblement jouissif, lorsqu’enfin, nous autres scribouillards à la petite semaine, tombons sur un groupe dont l’intelligence musicale suinte de chaque sillon creusé. Il nous semble alors que chaque seconde, chaque silence, chaque mélopée est pensée de manière à nous titiller le cortex ; nous exciter les mandibules au point de saliver abondamment sur le décolleté évocateur de cette charmante voisine que nous reluquons maladroitement depuis des lustres et qui n’en demandait pas tant.

 

Tant pis.

Mais après des mois passés à nous enfiler des albums qui sentent bon le jus de cervelle de bovidés en phase terminale, il nous est bien difficile de masquer notre émoi. Déjà le son est énorme, suffisamment étoffé dans les basses, les médiums pour permettre aux beats, aux sons technoïdes de s’exprimer à la manière d’un Prodigy, d’un KMFDM, d’un Ministry, alors que le parfait équilibre qui se dégage entre les voix death, pop, metalcore (qui ne cessent de s’entrecuisser goulument), nous démontre que la théorie du paradoxe de Russell n’a jamais semblé aussi pertinente.

 

Etonnant.

Ces dix titres s’enquillent à la vitesse de la lumière, ils ne s’écoutent pas, ne se digèrent pas, ils défilent juste pour ce qu’ils sont véritablement : à savoir une bande-son habile de toutes les musiques que vous avez pu aimer jusqu’à ce jour, de tous les sons que vous avez enregistré au fin fond de votre cochlée, de votre mémoire et qui vous ont modelé définitivement.

 

De ce génial maelström, remontent à la surface de graciles évocations musicales, tandis que d’autres se forment déjà. Que demander de plus ?

Rien.

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