AGENT FRESCO Destrier

22 Oct 2015

 

Album incontournable de ce début de rentrée 2015...

 

...dont la chronique n'arrive que maintenant: album si dense, si riche, si surprenant que nous avons du le réécouter encore et encore pour que notre jugement soit sans appel.

 

Cet album est juste une pure tuerie qui permet de hisser l'Islande ce pays merdique, au rang des contrées les plus novatrices en matière de musiques décidemment uniques.

 

Vous vous dites... Ne vous dites rien !

 

Chaussez votre casque haute définition, branchez vos enceintes, connectez vos neurones les uns aux autres, laissez-vous tenter, laissez-vous bercer....

 

 

Deux mois et demi que cet album tourne en boucle sur la platine, dans un coin de notre tête.

 

Deux mois passés à le retourner dans tous les sens, à le triturer, à le malaxer, à le digérer, à phagocyter chacune de ses 14 pistes, comme si cet ovni ne pouvait exister, ne devait pas parler à nos âmes comme il le fait, ne pouvait remettre en cause même notre propre existence, à savoir ébranler nos certitudes musicales.

 

Et pourtant, tout avait l'air à prim'abord d'une bonne grosse farce comme nous en recevons hélas, régulièrement: une pochette à deux balles, un chanteur avec une coupe de cheveux improbable, et à la première écoute, juste une voix de fausset insupportable reléguant Tom Yorke au fin fond des wc publics.

 

Et puis, et puis cet accord, ce piano à l'étonnante résonnance suggérée, apparait comme un fil ténu reliant chacun de ces morceaux au son prodigieux, aux arrangements tout bonnement édifiants; tour à tour grandiloquents, majestueux, puis dénudés, rendus à leur plus simple expression, boostés par une batterie expressive, dont la musicalité reptilienne nous étonne encore.

Les instrus caracolent, chacun apportant sa magie à un édifice qui sans cesse fuit, s'enfuit, glisse entre nos oreilles, malgré nos écoutes attentionnées et répétées, cet album se défile, il défit nos théories, joue avec nos références, maltraite notre psyché jusqu'à cet instant ou, enfin, les pièces de cet opus s'assemblent entre elles.

 

Agent Fresco mélange les cartes, explose les genres musicaux pour que son propre style aux portes du rock progressif, du metal, du rock psyché, du rock indé,  vienne télescoper notre propre perception de la musique dans ce qu'elle a de plus insensée à offrir. Cette voix que nous détestions et pour laquelle nous avions la plus grande animosité, la plus grande retenue apparait être évidemment la pierre angulaire de ce groupe assurément protéiforme.

 

Cette voix est l'écrin original, indispensable à cette musique qui ne ressemble à aucune autre, à moins que cela ne soit l'inverse; difficile en effet de faire la part des choses, compliqué de séparer ces deux monstres de précision qui passent leur temps à se chahuter, se compléter, se battre, s'étonner, se déchirer, pour faire de cet album un enchantement qui tout en nous émoustillant, nous ramène à nos instincts les plus primaires.

 

Le froid s'installe, l'humidité pénètre nos os, pourtant l'avenir s'annonce radieux...

 

 

 

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