EMILBULLS Sacrifice to Venus

6 Oct 2015

 

Et encore un groupe allemand, un...

 

...estampillé "alternative metal", qui se trimballe en plus un nom à vomir directement dans le caniveau, alors que la pochette plutôt de bon goût, elle, nous intrigue, nous tire de nos remarques emplies de préjugés imbéciles !

 

Vite, un coup d'œil sur la bio pour percuter que le groupe est originaire de Munich, la ville que nous aimons tant et à qui nous devons l'origine du mouvement dada, l'Oktoberfest, ce qui vous en conviendrez force le respect, l'intérêt immédiat ! F

aisant fi de nos errances, de nos principes éculés, honteux, nous balançons le son dans les enceintes....Surprise Muthafuckers, you're fucking dead !

 

En à peine deux minutes, soit environ 44 mesures et deux cent cinquante six brouettes telluriques, Emilbulls vous retourne les gencives, vous attrape par les bollocks, joue avec vos synapses en y faisant des nœuds à dissociation photochimique; ça blaste à mort juste avant que ne déboule un putain de refrain, une putain de voix ( qui n'est d'ailleurs pas sans nous rappeler celle d'Andy la plegua), des putains de ligne de chant (une alternance chant clair / chant rock à damner tous les sons of ze beach...) qui se déclinent, se confondent en une multitude d'échos qui vous chatouille aux entournures du moule-burne !

 

Vous êtes constamment tiraillés entre l'irritation salvatrice des riffs de gratte, des blasts et de ces refrains aux mélodies dominatrices, damnatrices, qui s'insinuent dans les seuls interstices, que votre cortex pourtant blasé, a laissé de disponible. Eh là, sans crier gare, vous commencez sévèrement à taper du pied la mesure, les battements de votre cœur pourtant fripé (d'ordinaire habitué à saigner sa miséricorde putassière), s'alignent naturellement sur ces tempi hennissants, l'espace d'un instant vous craignez que tout ceci ne soit qu'un feu-follet, une vue de l'esprit incongrue, vous redoutez que ce Sacrifice to Venus ne tienne pas la distance.

 

Pourtant, les morceaux s'enchaînent à la vitesse grand v, le son est juste énorme de bout en bout, compact et fluide à la fois, les passages bourrins comme par exemple the Reckoning, sont intelligemment contrecarrés par des passages doomiesques qui permettent entre autres, de balancer des notes de piano, du synthé, d'enquiller un passage voix claire (ou pas d'ailleurs), de conférer à l'ensemble une touche singulière de modernité.


Et même si les compositions ne sont pas sans rappeler d'augustes bands tels Mnemic, Korn, In Flames, One Way Mirror ( pour ne citer que les plus connus d'entre eux), et tandis que des réminiscences sévèrement groovy se la ramènent ( Sacrifice to Venus est composé à la manière d'un Limp Bizkit qui aurait succombé à un douteux mélange de speedball et de jack's à la cannelle...), cette voix de gorge marque au fer rouge l'esprit qui anime les Emilbulls, et réduit à néant toutes nos velléités castratrices, du moins juste avant qu'une espèce de slow popisant et dégueulant de mièvrerie, ne se la rapplique !

 

Dommage, vraiment dommage, car sans cette faute de goût (digne d'un groupe de puceaux lâché sur un plateau de tournage X), cet album tient méchamment la route, et sait nous tenir durablement en haleine, puisqu'à l'instar de sa pochette, nous peinons à redescendre d'une lévitation salvatrice, purificatrice, rédemptrice ?

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