FAUVE Vieux frères part 2

9 Oct 2015

 

Peut-être certaines âmes chagrines se sont senties flouées...

...de n'avoir lu, en ces virtuelles pages, la chronique du premier album de Fauve, Vieux Frères partie 1, alors que furent chroniqués leur EP Blizzard ainsi que leur prestation au festival de 3 éléphants à Laval . Qu'elles ne s'inquiètent pas, il s'agissait d'un choix délibéré.

 

En effet, nous attendions la sortie de Vieux Frères partie 2 pour une chronique groupée, afin de mieux cerner le phénomène apparu l'an dernier et qui a, d'une façon presque certaine, recueillit tous les honneurs du public. Alors, quel est  le verdict à l'écoute du deuxième, et toujours très délicat opus du combo ?

 

Rapide retour, tout d'abord, sur la partie 1.

Très proche de l'esprit émanant de leur Ep, cet album confirmait tout le bien que nous pensions du groupe : punchlines efficaces, corrosives, jouant sur l'urgence et sur l'instinct de survie d'une génération ne se retrouvant plus dans les valeurs actuelles d'un pays tel que le nôtre. Nous pensions alors, à tort, que le passage de Blizzard à Vieux Frères, entraînerait une perte de hargne mais il n'en était rien ! Les morceaux De Ceux, Tunnel, Loterie, entre autres, synthétisaient parfaitement l'esprit de rébellion propre au groupe, de son envie de ne pas suivre la voix toute tracée qui semblait être la leur.

 

A travers une poésie urbaine bien sentie, un son plutôt massif, ils appuyaient leurs dires de la meilleure des façons. Cependant, nous sentions poindre une certaine perplexité suite au concert de Laval, notamment à cause du côté rengaine de la voix, mais également à cause de leur technique instrumentale qui nous paraissait, avouons-le, limitée. Quand Vieux Frères partie 2 commence, nous sommes rassurés sur certains points tandis que d'autre nous mettent franchement dans l'embarras.

 

Commençons par ce qui fâche.

L'esprit rageur, toutes griffes dehors, des Fauve laisse ici place à un côté plus apaisé : les mots sont moins percutants, la poésie plus douce, les guitares moins affûtées, les claviers plus en avant, la production plus chaude. Des sonorités très... guillerettes font même leur apparition (Tallulah). Cela ne serait pas trop gênant si la scansion, marque de fabrique du groupe, était plus nuancée mais voilà, le chanteur avance la tête dans le guidon et l'effet obtenu est une parfaite inadéquation musique/flow. Le décalage est flagrant et nous nous demandons si le combo ne s'est pas posé la même question quant à changer certaines de ses « habitudes ». La dernière chanson du skeud, Les Hautes Lumières, possède un refrain chanté et cela fait presque du bien. Presque parce que la chanson est insipide, dirons-nous pour rester polis.

 

L'urgence s'est faite la malle, la rage aussi, mais la poésie, si elle est moins urbaine, suinte encore des différents titres de l'album. Le talent d'écriture est réel, ne le nions pas, la personnalité également. Toujours pas de rimes, juste une prose efficace, ancré dans le quotidien d'hommes cherchant leur voie là ou tout semblait sans issue.

Il y a toujours cette forme de  combat un peu bancal sans doute, car le groupe est en pleine mue, en pleine évolution. Les ados ont laissé place à de jeunes adultes dont le succès prématuré a fait trembler les bases de leur art. Rien de bien méchant en somme, juste un peu déroutant, dans le sens ou ce qui nous avait fait les aimer maintenant nous amène à moins les aimer...

 

Paradoxal mais tellement banal.

Question technique musicale, nous sentons un réel progrès. Les instrumentations sont plus poussées, moins répétitives, il y a plus de couleur, de chaleur. D'un côté, cela nous montre que les gus en ont sous le pied, d'un autre, ça dessert les textes. Il apparaît également qu'aucun morceau ne sorte véritablement du lot, le tout est hyper homogène et un rien (trop) policé...

 

Bref, nous sommes un peu le cul entre deux chaises : nous aimons bien le potentiel qui frémit sous les compos du combo mais ne sommes pas passionnés par cette partie 2. Il faut donc aux Fauve(s) retrouver ce qui fait leur force et leur charme mais cela passera presque obligatoirement par un changement sur la forme. Comme nous aimons ce groupe, nous ne pouvons que croire en leur capacité collective pour mener à bien ce périlleux exercice, celui de convaincre sur la durée...

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