ANATHEMA Distant satellites

1 Sep 2015

 

Nouvelle livraison pour ce combo aux portes de l'univers...

 

qui reste malgré tous ses efforts, retranché derrière le camion-citerne, juste à côté de la mobylette qui pisse l'huile. Lost band ? Who cares ?

 

Anathema fait le boulot et le fait bien, comme si la terre continuait de tourner, comme si le cosmos qui leur est dédié n'était en fait que le reflet de leurs âmes qui rebondit inlassablement sur le pare-choc de ce putain de camion dont la présence semble encore plus anachronique qu'à l'accoutumé...

 

Ecouter un cd d'Anathema pour ceux et celles d'entre vous qui ne connaissent pas, s'apparente tout simplement, à regarder par le hublot pour contempler le vent qui joue dans les feuilles d'acier, constater que la pluie acide qui tombe n'a jamais été aussi belle et que le chuintement si caractéristique des gouttelettes sur le toit en ferronickel galvanisé, forme contre toute attente, une douce mélopée.

 

Distant satellites a cette vertu de transformer la neurasthénie ambiante en allégresse même si vous devinez qu'écouter ce putain d'album va modifier les contours de votre exo-carcasse et que les pointes oxydées ne vont pas tarder à s'agglutiner au fond de votre gorge. Maladroitement ou instinctivement, vous renâclez comme un damné, vous tentez de penser à autre chose, de vous enfuir, de courir mentalement, vous tentez de projeter ce vieux scopitone qui dégueule ces images jaunies de plage au sable fin, stupide refuge lorsque votre psyché s'égare.

 

Et elle s'égare.

L'espace d'un instant, de factices embruns vous revitalisent, ils fouettent votre visage, masquent ces appendices lacrymaux qui roulent tel un torrent désabusé, sur vos joues, alors que vos genoux ne sont même pas égratignés, que les hiboux, choux, cailloux dansent encore sur la ligne d'horizon tellurique qui s'offre à vous. Les vagues métalliques viennent se fracasser à vos pieds, dans un balai oscillatoire que le temps ne semble même pas pouvoir dompter.

 

Vous constatez avec stupeur que chacune d'entre elles s'entrelace à des chants cristallins dont les harmonies vocales (propulsées par une orchestration des plus minimalistes) renforcent et soulignent un peu plus votre propre fragilité. Vous hésitez entre la perdition, l'abandon, le recueillement, ou l'évidente absolution d'une vie passée à ériger des châteaux de sable, à faire tomber des dominos inutiles, à parcourir des chemins sans issue.

 

Malgré cela, et contre toute attente, vous continuez de progresser.

Distant Satellites déroule ses plages tentaculaires, les riffs tourneboulent dans votre tête comme s'ils étaient directement connectés à votre oreille interne et que votre putain de cochlée devienne alors cet instrument loufoque incapable de recracher le moindre son, y compris même, le plus insignifiant des silences ! Il y a ce piano, littéralement aliéné, qui martèle ses cordes et dont la résonnance céleste (accouplée aux quelques arrangements symphoniques du sieur Dave Stewart) nous accompagne sur ce chemin parsemé de galaxies à facettes !

 

Tout cela se déroule juste avant qu'un vent cosmique ne souffle sur de nouvelles sonorités dont les rythmiques technoïdes ( ô demeurant résolument tournées vers le futur), nous déconcerte, nous interloque, nous disloque le bulbe. De quel syndrome sont-ce ces aventuriers, atteints ? De quelles poussières cosmiques sont-ce ces élucubrations, nourries ?

De quelles années-lumière sont-ce ces mondes, parcourus ? De quels avenirs sont-ce ces sentiments, perçus ?

 

Anathema est Anathema, ce vaisseau amiral qui, l'air de rien, l'air de tout, brandit son étendard en traversant les époques, les modes, les univers, bien loin des lois gravitationnelles qui pullulent ici-bas, comme si, comme si, après toutes ces décennies, seul le voyage parcouru comptait durablement, véritablement...

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