NICOLAS REY La beauté du geste

17 Sep 2015

Ce qu'il y a de bien avec Nicolas Rey...

 

...notamment avec ces petites chroniques, c'est qu'elles peuvent se lire comme ça à l'envolée, mine de rien, mine de sel, mine d'Olivier, entre la poire, le retour du squash, la fellation de 22h37, le train du lendemain et les cernes qui vont avec !

 

Bien évidemment vous l'aurez compris, on ne lit pas cet auteur des plus contemporains, non, on le dévore...

 

Alors même que ces chroniques s'étalent sur plusieurs années (éditées dans un ordre chronologique inutile), que les sujets sont autant divers et variés que Catherine Deneuve, la blennorragie chez les castors-juniors, la nostalgie du temps qui passe, l'amour foutraque, les fantasmes post-addictifs, etc...

 

Nicolas Rey n'est jamais aussi fort, aussi juste et pertinent dans son maniement de la langue, que lorsqu'il observe d'un œil de links avisé, la vie qui s'écoule lentement, entre ses phalanges fièrement jaunies par le tabac (« R comme répertoire », « 17 ans et 545 jours », « Dictionnaire d'oreille »).

 

Bien évidemment c'est aussi un peu de la nôtre, d'existence qu'il décrit, lorsque les affres de l'âge nous gagnent, que le sablier déverse en nous des hectolitres d'angoisses toutes plus métaphysiques les unes que les autres : quand allons-nous mourir ? Pourquoi nous les hommes, devons-nous perdre nos cheveux ? Et si notre appendice ventral pousse, le fait-il de manière inversement proportionnelle à la résurgence de nos dendrites, ou pas ?

 

Vous l'aurez compris derrière ces blagues de potache, ces histoires abracadabrantes, ce goût de la provocation bonne enfant, se cache une écriture racée, simple d'apparence (mais pourtant rarement simpliste), qui sait résonner (rayonner ?) en nous !

 

Alors oui nous pardonnons à NR, ces personnages loufoques (Yves Kléber sort de ce corps) comme nous lui pardonnons aussi l'existence irréelle de cette secrétaire (suffocante ? excitante ?) dans  Journée 2007, et nous l'absolvons de son romantisme forcené   Lettres aux filles passées, Le pirate , car non, définitivement nous ne sommes pas dupes !

 

Derrière ces béquilles stylistiques tantôt maladroites, tantôt cocasses, (mais Daniel Darc ne disait-il pas que la plupart des gens qui réussissent leur œuvre se servent de leurs défauts ?), se terre la beauté du geste d'un écrivain qui magnifie la vacuité de nos propres histoires.

 

Gageons que sa récente rédemption le nourrisse et le guide, puisqu'aucun valhalla ne vaut le détour !

 

Aucun...

 

 

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