IRVIN WELSH Crime

20 Sep 2015

 

Lire le dernier Irvin Welsh  Crime  ne peut s'apparenter à un voyage paisible au pays des bisounours...

 

...à moins que ceux-ci ne soient sous speed, sous amphet ou autres produits dérivés.

 

Evidemment, la sucette qui trône fièrement, naïvement, en première de couverture, nous fait d'ores et déjà craindre le pire !

 

Irvin Welsh pour les ramollis du bulbe, c'est le monsieur qui a écrit entre autres, Trainspotting...

 

Et chez Irvin, en règle générale, le pire est...

 

Irvin Welsh s'engage sur le terrain glissant de la pédophilie, des abus sexuels et nous propose du glauque, du peu recommandable, du peu racontable, et donc du coup de la lecture qui, par moments, s'apparente à une violente descente d'organes dans les baskets...

 

Ray Lennox, l'anti-héros par excellence est un flic désabusé parti prendre des vacances forcées de l'autre côté de l'atlantique, (ahhahha Miami et ses vices...), afin d'oublier une enquête délicate et surtout de se retrouver pour préparer son mariage avec sa dulcinée. Sauf que Ray est perfusé sous vodka, juste avant qu'il ne s'empiffre les naseaux de coke et qu'au cours d'une soirée un peu trop mal engagée, il se retrouve malgré lui (même s'il passe visiblement son existence à chercher la merde et surtout à la trouver), embarqué dans une affaire de pédophilie, de réseau organisé dont la petite Tianna fait évidemment les frais.

 

Tel un Don Quichotte qui n'écoute que son courage et les fantômes qui croupissent au fond de sa culotte petit bateau (celle de Ray, pas de Tianna...) il décide de partir seul contre tous, chez ces enfoirés de yankees, pour sauver cette enfant qui bizarrement lui ressemble...

Vous l'aurez évidemment compris, Irvin Welsh n'a pas son pareil pour décrire avec une infinie justesse les affres de son héros, ses manques, ses dépendances, les doutes et les angoisses qui l'étreignent et que lui seul semble être en mesure de pouvoir appréhender. L'auteur excelle dans ce genre sombre, dark, glauque, notamment dès qu'il doit faire vivre des personnages broyés, qui immédiatement s'animent sous sa plume.

 

Ainsi au fur et à mesure des pages, les fêlures de Ray deviennent étonnamment familières, elles nous touchent tout autant que son entêtement imbécile (puéril ?) à vouloir voler de nouveau vers la lumière. Cette mue, cette rédemption incongrue qui se déploie sous nos yeux, réussit à nous tenir durablement en haleine tout au long de ces 476 pages.

Malgré nous.

 

Cependant, malgré les indéniables qualités littéraires dont fait preuve l'auteur, (de celles qui vous caressent l'âme dans le sens des synapses...), force nous est de conspuer l'utilisation abusive de micros-récits, d'une multitude de descriptions en tous genres qui finissent par épuiser, ralentir le rythme de la narration et qui flingue cette enquête qui n'en finit pas, de ne pas avancer... Un comble me direz-vous pour une enquête policière !

Se pose l'unique question qui tienne vraiment la route dans pareille situation : Pourquoi donc continuer de parcourir ce  gentil pavé ?

 

Tout simplement parcequ'Irvin Welsh est capable d'écrire des phrases dont la brillance et la fulgurance nous laissent pantois, des phrases qui résonnent un long moment en nous, puisqu'à cet instant précis, il tutoie l'éternité. Alors même si Irvin a la perversité de les disséminer tout au long de ce bouquin, comme autant de prodiges, nous lui pardonnons bien volontiers cette inélégance ! Irvin Welsh est bien plus qu'un vulgaire auteur post-junkie forcément instable, assurément mythomane, border-line.

Sous nos yeux de lecteur averti, il est surtout un putain d'écrivain...

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