DAVID FOSTER WALLACE La fonction du balai

26 Feb 2016

David Foster Wallace,  écrivain au style inimitable, qui dynamita la littérature américaine. Alors,  qui mieux que nous, pour dévorer l'Intégrale et vous  faire découvrir huit ouvrages à ne manquer sous aucun prétexte. Du roman au recueil de nouvelles, en passant par des essais philosophiques. Oui, vous saurez tout, sur DFW, le vrai, le faux, le laid, le beau…

 

Qu'est-ce que la fonction d'un balai ?

 

Rien de plus simple à définir !

 

Un balai sert à balayer, c'est à dire à amasser la poussière et diverses saletés à l'aide de sa tête pleine de poils, plus ou moins rigides et serrés. Voilà sa fonction.

 

Mais si vous retournez le balai dans l'autre sens, son manche peut servir d'objet contondant, peut détruire une vitre lors d'un cambriolage, peut permettre de battre quelqu'un. La fonction du balai dépend donc de la façon dont nous nous en servons.

 

Nous vient alors une question : qu'elle est donc la fonction de La Fonction Du Balai de David Foster Wallace (aux éditions Au Diable Vauvert).

 

En réalité, il est difficile, voire impossible, de répondre à une telle question tant ce roman de DFW est jouissivement foutraque ! En entamant cette lecture, vous signez un pacte avec le Diable. Dans les clauses de son machiavélique contrat est noté, en petits caractères, « vous allez perdre tous vos repères de lecteurs et votre âme de pêcheur se consumera dans ces pages maudites ».

 

Et il n'a pas tort le bougre ! Phrases au kilomètre, dialogues « anonymes », c'est à dire sans qu'aucun interlocuteur ne soit identifié, idées tous les trois mots, ou presque, c'est déroutant, surprenant, complexe, beau à pleurer, philosophique, théologique, absurde, drôle, intelligent, bordélique, limpide, et cette liste n'est pas exhaustive !

 

Se plonger dans ce roman est équivalent à sauter d'un bateau, au beau milieu de l'océan et de dire au capitaine « va donc faire un tour du côté du triangle des Bermudes, je ne bouge pas de là en attendant ». Nous sommes plongés dans le grand bain de la littérature moderne américaine, nous n'avons pas pieds, nous flippons grave à l'idée que cette putain d’embarcation ne revienne jamais et pourtant, au fond de nous, nous referions exactement la même chose à la moindre occasion.

 

Fort heureusement pour nous, le navire revient toujours. L'idée balancée en page trois fait son come-back à la trois cent, ce qui nous paraissait hors-sujet au chapitre dix se révèle hyper pertinent dans le quinze.

Si vous aimez la linéarité du propos, avec DFW vous perdez votre temps car l'esprit, ô combien brillant de l'auteur, a des voies impénétrables qui ne manquent pas de nous étonner. Ça part tous azimuts, les idées sont reliées entre elles par des ficelles invisibles que seul DFW connaît mais qui lui permettent toujours de retrouver l'équilibre de l'histoire.

 

 

Ardu ? Ouais, carrément. Pénible ? Aussi, par moments. Génial ? Assurément ! Car, que nous le voulions ou non, La Fonction Du Balai fout en l'air nos certitudes et nos interrogations quant à la Littérature et aux auteurs, n'ayons pas peur des mots, révolutionnaires.

 

Du coup, la fonction de La Fonction Du Balai n'est-elle pas de nous montrer qu'en terme d'écriture il n'existe aucune frontière, aucune limite, si nous retombons sur nos pattes. David Foster Wallace avait cette faculté, trousser des histoires à priori décousues, et cette capacité à toujours nous surprendre. Et avouons-le tout net, c'est...

 

 

(et oui, le roman se termine au milieu d'une phrase...)

 

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