DAVID FOSTER WALLACE La fille aux cheveux étranges

15 Mar 2016

David Foster Wallace,  écrivain au style inimitable, qui dynamita la littérature américaine. Alors , qui mieux que nous , pour dévorer l'Intégrale et vous faire découvrir huit ouvrages à ne manquer sous aucun prétexte. Du roman au recueil de nouvelles, en passant par des essais philosophiques. Oui, vous saurez tout, sur DFW, le vrai, le faux, le laid, le beau…

 

Quel est le point commun entre un avocat punk et sa bande, un expert-comptable qui quitte son bureau en même temps que son boss, à une heure avancée de la nuit, une émission télévisée dans laquelle une jeune femme de vingt ans pulvérise tous les records ? Tous ces personnages, et d'autres tout aussi perturbés que différents, se sont donnés rendez-vous dans La Fille Aux Cheveux Etranges de David Foster Wallace.

 

 

Dix nouvelles, dix situations, dix univers oscillants entre fantaisie burlesque, drame, joyeux bordel narratif et empathie destructurée, dix raisons d'aimer (ou de détester) un peu plus Wallace.


Ici, tout n'est que question d'interprétation car chaque nouvelle se termine de façon impromptue, nous laissant le choix, cérébralement, viscéralement, de trouver une issue à chacune d'entre elle.
Par exemple :

Que se passe-t-il à côté de Collision, Illinois, lors du plus grand rassemblement de comédien ayant interprété le rôle de Ronald Mc Donald, le clown de la célèbre franchise de fast-food ?

Qu'adviendra-il du boss de l'expert-comptable pratiquant la réanimation cardio-pulmonaire ?

La fille aux cheveux étrange se fera-t-elle brûler sa formidable chevelure ?

 

Wallace plante le décor, laisse divaguer son esprit, ouvre les pistes les plus inattendues et folles, nous tend des embuscades, nous glace d'effroie, nous retourne les tripes, nous émeut. Certes, ses idées parfois sont dures à suivre, nous emmènent au bord d'un champ en jachère, mais le parfum qu'elles exhalent ne rendent leur inaccessibilité que plus attrayantes.

 

Lyriques parfois, schizophréniques ou paranoïaques d'autres fois, et ce au cours d'une même nouvelle, son écriture nous ballade, nous bouscule et, une nouvelles fois, fait vaciller nos certitudes. Une histoire, même brève comme peuvent l'être les nouvelles, se doit de contenir un début, un milieu, un fin ? Wallace nous démontre que non, que le champ des possibles s'ouvrent à nous même après le point qu'il a décidé faussement final.

 

C'est vrai, admettons-le, tout le monde ne peut pas lire le gus parce que c'est ardu, c'est âpre, riche en terme de vocabulaire, de recherche linguistique et syntaxique, mais tout cela démontre le parti pris visant à faire prendre conscience que l'écriture reste l'un des seuls territoires libres de toutes formes de contraintes.

 

Si cet auteur est considéré comme l'in des maîtres de la littérature américaine contemporaine (ce que nous sommes enclins à valider), ce n'est pas par hasard. Il était un précurseur et comme tout précurseur se respectant, il demande des sacrifices.

 

Le premier étant d'oublier tout ce que nous avons un jour appris. Il demande aussi d'apprendre à libérer notre lecture de pas mal de bagages superflus. Et de nous laisser guider, que le propos soit clair, logique... ou pas.

 

Et ça, nous adorons. Pourquoi ? Cela nous permet de maintenir notre esprit en alerte, vif.

 

D'être vivant, simplement...

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