DAVID FOSTER WALLACE Le roi pâle

22 Mar 2016

 

David Foster Wallace, écrivain au style inimitable, qui dynamita la littérature américaine. Alors, qui mieux que nous, pour dévorer  l'Intégrale et  vous faire découvrir huit ouvrages à ne manquer sous aucun prétexte. Du roman au recueil de nouvelles, en passant par des essais philosophiques.

Oui, vous saurez tout, sur DFW, le vrai, le faux, le laid, le beau…

 

 

Qui d’autre que DFW pouvait vouloir écrire un roman sur la comptabilité, les taux d’imposition, les centres régionaux de contrôle des Usa, la fiscalité gouvernementale, l’IRS, les traitements de déclaration, les formulaire 1120, 1120S, la reprise sur amortissements pour les actifs, la taxe à la vente progressive ?

 

 

 

 

 

 

640 pages et des poussières.

 

DFW noie les pistes, toutes les pistes. DFW joue, se joue de lui, de nous, de notre perception, de sa propre vision en émasculant un à un les codes littéraires, comme s’il déjouait, dans un ultime tour de piste, lui-même ses propres pensées, protocole d’action d’un GS-9, comme s’il commettait l’acte ultime de toute une vie d’écrivain : réinventer la littérature, quitte à en crever.

 

640 pages et des poussières.

 

12, paragraphe 3, 25, paragraphe 9, 43, 34, page 114, paragraphe 50. Cohérence mille sept cent quatorze, référencée au cinquante deuxième niveau d’une ablation textuelle pourtant atrophiante ; Le syllogisme avorté du matricule trente sept-2A ne porte pas à conséquence, les séquelles des morphèmes de synthèse, n’ouvrent donc pas à débattement fiscal, en sus de l’alinéa du formulaire 140-PO . Attention toutefois au décès récurrent de M. Blumquist.

 

640 pages et des poussières.

 

Suffocation, hyperventilation, arythmie, juste avant que ne se déchainent des phrases aussi longues, que le souffle de l’éternité sur une nuque brisée, à l’instar d’une quête aux vertus abyssales. De courts chapitres, une fulgurance oxydée, une brillance instable dont les résurgences narratives s’époumonent quelques trente cinq chapitres plus tard, lorsque l’infinie semble nous gagner. Ponctuation absente ou étouffante, notes de bas de page sclérosantes, narration schizophrénique, autant que hiératique, lot de pages éparpillées, qu’une psyché qui suinte le génie et l’absurde, distribue comme autant de cartes écornées.

 

 

640 pages et des poussières.

 

Les personnages principaux déambulent, hagards, entre deux âges ou trois, bien avant que ces freaks ne réclament leurs doses de contrôle fiscal, de réglementations abusives, de règles absconses, comme pour mieux corriger une destinée cabossée, un handicap, une dépendance, un syndrome qui trouve son origine dans les ramifications dendritiques que DFW s’est escrimé à tisser tout au long de sa vie, envers et contre lui.

 

640 pages et des poussières plus tard.

 

En bouche, il ne reste que le sentiment amer d’une lecture, d’une écriture unique, dont le vertige clôt maladroitement le chapitre d’une vie, hélas bien réelle. Pourtant, aussi abrupte soit-elle, la fin de ce roman inachevé porte en elle les stigmates d’un avenir radieux ; celui de tous les spectres wallaciens qui ne manqueront pas, tôt ou tard, de contaminer la littérature, d’où qu’elle vienne…

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