DAVD FOSTER WALLACE Un truc soit disant super auquel on ne me reprendra pas

9 Apr 2016

David Foster Wallace,  écrivain au style inimitable, qui dynamita la littérature américaine. Alors,  qui mieux que nous, pour dévorer l'Intégrale et  vous faire découvrir huit ouvrages à ne manquer sous aucun prétexte. Du roman au recueil de nouvelles, en passant par des essais philosophiques.Oui, vous saurez tout, sur DFW, le vrai, le faux, le laid, le beau…

 

Après le nouvelliste, après le romancier, voilà l'essayiste et le chroniqueur. Une nouvelle casquette que portait avec classe le toujours surprenant DFW.

 

Ce qui nous intéresse ici, c'est avant tout la facette chroniqueur. En effet, à moins d'être passionné de déconstructionnisme littéraire, on n'y pige que dalle tant c'est ardu. L'essayiste, c'est sûr, est à la pointe.

 

Citant de grands noms inconnus, américains pour la plupart, DFW expose ici ses thèses comme d'autres comptent les moutons pour dormir. Nul doute que ça soit intéressant mais cela reste quand même très obscur, trop poussé mais, comme le dit l'auteur, il faut respecter le lecteur, sans se foutre de lui en proposant une étude bâclée... CQFD en gros...
 

Notons cependant que son essai mettant en relation la télévision et l'écrivain s'avère juste (et éclaire pas mal de nos lanternes). Il nous démontre que le voyeur qu'est le romancier, l'écrivain, ou l'auteur (avec une nuance assez ardue sur la différence entre ceux-ci, étayée par une foule de détails importants mais qui font qu'en fin de compte nous ne savons pas expliquer cette fameuse différence) est lié à la télé de façon quasi charnelle.

 

En effet, l'écrivain, restituant ce qu'il voit, ce qu'il perçoit, trouve en la télévision un moyen de mater propice à son travail. Même si la spirale infernale de nivellement par le bas influe négativement sur l'auteur et, à plus juste titre, sur le pékin moyen, elle reste, d'après DFW, un bon outil de travail. Nul doute que si Wallace était toujours de ce monde, internet l'aurait fortement botté ! Bref, passons et...

 

...attardons-nous plutôt sur le chroniqueur. Pourquoi ? Parce que c'est un peu notre job, quoi, de chroniquer, afin de faire connaître au plus grand nombre ce qui nous plaît et que nous voulons absolument partager.

Dans le cas de DFW, la chronique est très vaste, fait une centaine de pages, est souvent très pointue dans ses analyses. Qu'il s'agisse d'une chronique sur David Lynch, sur le tennis (enfin sur le tennisman Michael Joyce), sur une croisière de luxe... DFW nous régale.

 

Non seulement il nous conte ce qu'il voit avec une espèce de désinvolture à l'opposé de son professionnalisme, ce qui ne tend qu'à rendre l'ensemble extrêmement passionnant, décalé mais également drôle (notamment ses énormes notes de bas de page, exemple parfait d'un humour pince sans rire désopilant), mais argumentant ces propos avec une précision diabolique, il rend ses chroniques justes parfaites de pertinence.

 

Prenons, par exemple, le titre de la nouvelle sur Michael Joyce, je cite : « De Michael Joyce, tennisman de son état, et de son génie professionnel envisagé comme paradigme de deux ou trois trucs sur le choix, la liberté, la finitude, la joie, le grotesque et l'accomplissement humain », nous avons une idée très précise d'où le bonhomme veut nous conduire (bien que nous n'y bitions rien à ce titre tiré par les cheveux dans un premier temps).

 

Dans ses chroniques, tout entre en corrélation, l'être humain, le beau, le laid, la quête, l'objet de la quête, le comment et le pourquoi. Ainsi, elles s'avèrent aussi indispensables qu'inutiles, pouvant être transposée à n'importe quel cas de figure. Et là où le gus est fortiche, c'est qu'il arrive à nous maintenir en haleine sur les tornades dans l'Illinois, sur une foire agricole ou sur une croisière de luxe, sujets, avouons-le, inintéressants sous la plume d'un autre que DFW.

 

Est-ce là, le véritable signe d'un génie pur et dur ? 

 

Peut-être bien. Parce qu'il faut rendre à DFW ce qui lui appartient, c'est à dire un talent de conteur hors paire. Loin de son imagination débridée, déjà chroniquée dans nos pages, sa vision du concret laisse admiratif.

 

Wallace possédait un don rare, celui d'un écrivain touche à tout, où la qualité de son écriture ne pâtissait aucunement du sujet traité. Ces chroniques de rien du tout nous prouvent cela de façon magistrale car DFW pouvait tout se permettre. Il aurait pu parler d'un annuaire téléphonique que nous aurions été captivé et en suspens, bavant sur ses idées comme des gamins devant un cornet de glace.

 

Tout cela ne tend à démontrer qu'une seule chose : David Foster Wallace nous touche et influe fortement sur notre façon, à nous autres humbles chroniqueurs, de voir et d'envisager l'écriture.

 

Et vous ?

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