CULT OF LUNA & JULIE CHRISTMAS Mariner

10 Apr 2016

 

 

Survivre aux Cult Of Luna, c’est accepter l’équation bancale, d’être perpétuellement en état de manque, c’est assumer d’évoluer dans un univers musical de perplexité, d’étonnante contrariété où se confondent l’espoir et la désillusion, la cruauté et la beauté la plus dure, la plus sombre qui soit.

 

Prophétique. Noir. Unique.

 

 

 

 

 

 

 

Exhumer Mariner, c’est inhaler le souffre de nos existences incongrues, partielles et imparfaites, s’en repaitre alors que le temps s’enfuit entre nos poings serrés, que le tumulte de l’existence clappe enfin sa putain de gueule, qu’il nous laisse divaguer. Un nouveau souffle caresse nos nuques endolories.

 

Attendre. Espérer. Guetter.

 

Les COL s’accoquinent avec Julia Christmas dont le chant persifleur, nasillard à souhait, flirte dangereusement avec les limites étriquées du hardcore, renforce la dimension tragique des compos, tout autant qu’elle les égaye de sa voix pourtant féminine, empreinte de cette naïveté post-pubertine, qui s’affiche crânement.

A mesure qu’elle se déchaine, le hurleur des COL souligne ces envolées exsangues, de sa puissance toute androgène, magnifiant l’édifice musical, d’une profondeur abyssale qui en souligne la force autant que l’évidente fragilité.

 

Appartenance. Retenue. Émasculante.

 

Les morceaux s’enchaînent et c’est à peine si nous remarquons la complexité des parties vocales. Abondance. Les voix s’entremêlent, les mélodies chevauchent les cris les plus noisy,  ce capharnaüm auditif, aux ramifications pourtant subtiles, finit de nous anéantir, en consumant l’étroite part de lumière qu’il reste au fond de nos psychés cabossées.

 

Déchéance. Abandon. Extravagance.

 

Julie ouvre des espaces sonores dont le vertige nous ébouriffe les sens, alors que la rythmique aux forts accents sinusoïdaux, ne cesse de marteler nos tempes, poussant, tirant ce liquide âpre qui s’égoutte lentement, s’échauffant par instants, se débattant, juste avant de nous précipiter tout entier, dans le tourbillon d’une transe salvatrice, purificatrice, rédemptrice ?

 

Enivrante. Hiératique. Captivante.

 

Il y a ce graal fourbe qui telle une phagocyte indécise, nous emmitoufle de ces sombres et délicates dendrites. Les réminiscences tonales s’entrechoquent entre elles, disséminant ici et là, d’inquiétantes mélopées dont la résonnance nous guide, à l’instar d’un Vantablack messianique.

 

Les Cult Of Luna nous réconfortent. Ils parachèvent le chemin que nous nous sommes tracé, en nous rappelant, que ces pierres d’achoppement, maintes fois percutées, ne sont en définitive, que les stigmates d’un habile et voluptueux présage, d’un subtile ramage ?

 

Fringance. Portance. Délivrance.

 

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