DAVID DUCHOVNY Oh la vache!

3 May 2016

Il peut être bon de découvrir une icône sous un autre éclairage. Des fois, simplement pour la démystifier, d'autres pour connaître une autre facette de son talent.

 

Nous avions déjà tenté l'expérience au tout début de nos chroniques avec le roman de Nick Cave, Mort De Bunny Monroe (excellent), qui nous avait permis de découvrir le chanteur sous un nouveau jour. Nous remettons le couvert aujourd'hui en nous penchant sur le roman de David « Mulder » Duchovny, Oh La Vache ! Chez Grasset.

 

Prévenons d'entrée de jeu que les ufologues de tout poil peuvent aller se rhabiller car ici, point de petits hommes verts mais un roman dans la veine de La Ferme Des Animaux de Georges Orwell. Si ce roman était une satyre philosophico-socio-comique, l'ouvrage De Duchovny se veut plutôt écolo-comique.

 

Dans Oh La Vache! c'est la vache elle-même qui nous raconte sa vie. En effet, le roman relate la prise de conscience d'Elsie, vache laitière de son état, quant au sort tragique qui attend chaque membre de la communauté agricole, du côté animal, cela va sans dire. Tous servent à nourrir les humains ! Horreur ! Découvrant cela, Elsie décide de mettre les voiles, de jouer les vaches de l'air, et de rejoindre l'Inde, pays fantastique où les vaches sont sacrées. Cela lui permettra à coup sûr d'éviter l'abattoir ! Dans son périple, elle est accompagnée par deux acolytes, Shalom, le cochon juif... et Tom le dindon.

 

Alors, que révèle cette histoire sur son auteur ?

 

Eh bien, tout d'abord, elle révèle que Duchovny est un féru de littérature. Avant d'être acteur, il a suivi des études de lettres à Yale, rien que ça. Suite à quoi il est devenu l'acteur que nous connaissons tous, passant de Twin Peaks à X-files et Californication (série dans laquelle il incarne un écrivain et qui lui vaudra un Golden Globe) avec la même classe décontractée.

 

Nous découvrons également que Duchovny a un sacré sens de l'humour... enfin, très particulier, genre un peu moisi, un peu nase, un peu, non très, potache, bref un humour qui nous plait à 100%.  Cela nous prouve que dans son rôle de Mulder les piques d'humour n'était pas forcément le fruit de l'imagination de Chris Carter et de ses scénaristes. Passons...

 

Outre les calembours capillotractés, qu'en est il de ses qualités d'écrivain ?

 

Il faut avouer que le bonhomme écrit d'une façon plutôt plaisante, simple et concise. Pas d'esbrouffe, pas de phrases à rallonge, il va droit au but en semant tout du long de ces deux cent pages de sympathiques trouvailles, notamment les apartés d'Elsie avec son éditrice/agent cynique).

 

Facile à lire, Oh La Vache! n'en délivre pas moins certaines vérités sur le monde actuel, sur les comportements humains et sur la surconsommation. Ce roman n'est certes pas aussi pointu et désappointé que celui d'Orwell (mais rappelons qu'il était un philosophe avant d'être écrivain) cependant la démarche de Duchovny est pleine de sens.

 

Si son roman est plaisant, fendard, il essaye de mettre un peu de plomb dans la tête de ceux qui le lisent. Et puis, avouons-le tout de go, cette littérature nous permet de nous laver la tête après des semaines intensives de Wallace.

 

D'ailleurs, ce bouquin nous prouve que la littérature ne se limite pas à des phrases à rallonge, aux tarabiscotages de la langue et de l'esprit, qu'un bouquin peut-être aussi léger, avec un titre débile, une couverture digne du CP mais également faire mouche malgré une apparente décontraction. Donc avec Oh La Vache! nous ne nous prenons pas au sérieux, tout comme l'auteur, et c'est salutaire par les temps qui courent.

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