RM HUBBERT Telling the trees

27 May 2016

En ces périodes troublées durant lesquelles tout se ressemble et s'assemble, il est dur de faire briller l'originalité. Les groupes se calquent souvent sur un modèle payant et font leur petite vie avec. Ils ne sont pas forcément mauvais mais se noient dans un maelstrom insipide où tout est identique à tout, où les identités ne ressortent que par le biais d'un élément, d'une voix.

 

Pourtant, certains osent, encore et toujours et RM Hubbert, avec son cinquième opus solo intitulé Telling The Trees fait parti de ceux qui refusent l'uniformisation de leur art.

 

Bon, d'accord, ça fait un peu too much comme intro. Mais il faut avouer ceci : en ce moment, il est très dur de ressentir ne serait-ce qu'un minuscule frisson d'excitation tant la bouillie sonore qui nous entoure surfe sur des formules éculées.

 

C'est donc avec surprise que nous découvrons cet album de RM Hubbert, dit Hubby, membre du groupe post rock El Hombre Trajeado . L'écossais nous propose un album où il ose le mélange des genres et s'en tire avec panache.

 

Si nous retrouvons, pour notre plus grand plaisir, des éléments propres au post rock, ceux-ci sont incorporés dans une base semi acoustique, très folk avec guitare et piano, ou pop, avec des arrangements légèrement électro avec synthés qui semblent terriblement cheap mais qui en vérité apportent leur touche d'originalité à l'ensemble.

 

Mais là où Hubby est sacrément fortiche, c'est que nous n'avons l'occasion d'entendre sa voix qu'une fois : en effet, il joue les choeur sur un seul titre. Pour le reste, il laisse la responsabilité du chant à une myriade de featuring, tous de sexe féminin.

 

Et là où la magie opère, c'est que toutes ces voix, féminines, à savoir une par chanson à l'exception de l'unique instrumental du disque, délivrent une identité forte, une homogénéité coulée dans le béton alors que chacune d'entre elle possède ses propres caractéristiques.

 

Pourtant, tout s'agence à merveille.

 

Qu'il s'agisse de Kathryn Williams, Martha Ffion ou Eleanor Friedberger (pour n'en citer que trois sur dix), les voix procurent un indicible plaisir. Allant du morceau Self Portrait In A Convex Mirror, dans un esprit proche d'un groupe comme Mùm, à savoir électro-pop, de I can Hold You Back, très post rock à The Dog, très folk, les styles sont abordés avec une pertinence et un savoir faire qui impose le respect.

 

Les arrangement sont classes, pointilleux, et nous voyons très rapidement que rien n'est laissé au hasard. L'ordre des morceaux est étudié avec soin car les voix, assez éloignées les unes des autres, sont agencées de façon telle que le changement se fait avec délicatesse, sans heurts, pour un rendu fluide et sans accrocs.

 

Sous des atours quelque peu passe partout, Telling The Trees s'impose sans forcer. Original, hors système, il dégage une identité forte qui nous convient à merveille. Pour nous, il n'y a qu'une évidence : ce disque sauve ce printemps morose !

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