RADIOHEAD A Moon shapel pool

4 Jun 2016

 

Lorsque vint le dernier né de ce groupe assurément atypique, capable du meilleur comme du pire, un frisson nous parcourut rapidement l’échine, voire même une indicible crainte : crainte d’être déçus, de ressortir de l’écoute de cette musique, esseulés, désabusés ou comme il nous arrive parfois, perplexes.

 

Et si ce Moon shapel pool, comme son nom ne l’indique pourtant pas, sonnait la résurrection tant attendue de Radiohead

 

 

 

 

Suspens abscons.

Cet album est étonnant, détonnant, déroutant, captivant, renversant, surprenant, autant qu’avilissant. Magique. Ne nous le cachons pas plus longtemps, Tom York et sa bande de doux-dingues viennent juste de réussir le coup de l’année, du siècle, tant ces compositions caressent nos Âmes, juste avant qu’elle ne se dissipent dans ce cosmos incertain, qui fait de nos vies éparses, un champ de ruines autant qu’une plage de sable dont les grains vibrent à l’unisson.

 

A l’unisson de cette musique, de cette conscience qui nourrit nos émotions les plus enfouies, magnifiant nos pensées les plus sombres, essorant à chaque seconde ou presque de précieuses mélancolies qui rebondissent fort habilement sur le parquet usé de nos souvenirs.

 

A mesure que l’opus nous dévoile ses charmes et que s’enchainent ces ambiances bigarrés, c’est tout notre être qui s’ouvre, se faisant cueillir par ces arrangements grandioses, ces cordes éparses, ces lignes de piano aux ramifications tentaculaires, tissent entre nos connexions dendritiques particulièrement échaudées, une myriade de cordons d’argent. Invisibles.

 

 

Le temps semble se liquéfier dans un espace, un aparté qui n’appartient en définitive qu’à la force de ce beat, de cette voix que par ailleurs nous détestons, puisque le timbre nous indispose autant que les hautes fréquences dont il se nourrit mais qui, bizarrement, permet de souligner cet habile agencement de pièces musicales, bien souvent aux antipodes les unes des autres.

 

Nous sommes là, interdits, abasourdis, perdus dans cette immensité pour laquelle nous ne nous étions pas véritablement préparés, mais qui a su nous conquérir, ou nous cueillir; à l’instar de ces Étoiles qui sont beaucoup plus fulgurantes et brillantes, lorsque nous ne les  guettons pas aveuglément dans cette nuit pleine.

 

Un peu comme si ces onze titres portaient en eux, la sagesse, l’espoir, la vérité d’un instant.

Et quel instant…

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