GUILLAUME PERRET Free

20 Sep 2016

 

Free, libre.

Ce mot, simple,  évocateur,
Guillaume Perret l'a choisi comme titre de son nouvel album. Simplement parce qu'il  a abandonné la structure du groupe pour son nouvel opus, parce qu'il ressentait l'envie de se mettre en danger (ce qui impliquait ne pas se répéter), parce qu'il désirait se retrouver seul face à son public et souhaitait pouvoir modifier les bases même de son album dans les conditions du live, sans ressentir les entraves du groupe.

Pari gagné car cet album n'a rien de figé.

Nous sentons poindre ici et là des potentialités de fou sur chaque morceau car chacun d'eux possède un univers qui lui est propre. Ici, il ne s'agit pas simplement de jazz. Si, bien entendu, nous retrouvons des pistes évoquant, partiellement, un univers à la
Duke Ellington, Free brise les chaînes et les carcans de ce style musical sans en renier l'essence, à savoir laisser libre cours à son inspiration et à l'improvisation.

Free est à la fois un mélange d'expérimentations électroniques, à base de samples élaborés par Perret lui-même, et un voyages sonore, cosmique pourrions-nous même nous avancer à dire. Si certains morceaux ne renient pas l'énergie rock, d'autres imposent un espace propre à la méditation et pourraient évoquer le travail d'un Santana (époque Caravanserai) avec de longues plages introspectives (en toute fin d'album).

Mais revenons à ce qui fait de
Free un album à part.

Reposant sur des boucles répétitives, auxquelles
Perret ajoute ou retire, à sa guise, des éléments, créant ainsi une dynamique alambiquée, c'est le saxo qui nous prend par la main et nous attire dans une succession de couleurs et de rythmes. Bien que l'instrument reste marginal dans l'univers rock, se cantonnant presque essentiellement au monde du jazz ou de la world music, Guillaume Perret parvient à créer un souffle, sans mauvais jeu de mot, novateur à la pratique du saxophone.

Par ses sonorités et son architecture, l'album convoque en son sein le son d'une
Cry Baby chère à Hendrix, celui d'une guitare slide évoquant le maître Ry Cooder, ou des nappes élégiaques chères à tous les joueurs de synthé. Ainsi, nous retrouvons des inspirations jazz, forcément, mais aussi rock, techno (transe), et des expérimentations progressives et/ou ambiantes.

C'est là où réside la véritable liberté de
Perret, à savoir dans sa quête d'absolu de lui-même et de sa musique, tout autant que dans son amour, que nous imaginons fusionnel, pour son instrument.

Loin d'être élitiste,
Free se fraye un chemin dans nos discothèques et bouscule, comme a pu le faire Ibrahim Maalouf par exemple, une dynamique jazz un peu sclérosée et tournant en rond autour de son nombril, en effaçant, l'air de rien, les frontières entre les genres musicaux.

En défrichant des terres jusqu'alors inexplorées,
Free se veut un monde à lui tout seul, qu'il nous convient d'explorer à notre guise. C'est ainsi qu'il a été composé, c'est donc ainsi qu'il doit être découvert...

… Avec toute la liberté qui est la notre.

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