GLASS ANIMALS How to be a human being

27 Sep 2016

Nous avions senti un frisson indescriptible lors de la parution, il y a deux ans, de Zaba, premier album des Glass Animals. En effet, nous sentions poindre chez ces britanniques un talent singulier et l'envie de faire une musique différente, d'innover un son texturé dont eux seuls auraient le secret.

Mais l'heure du deuxième album a sonné. Qu'en est-il de nos espoirs ?

Inutile de  le réexpliquer, faire un deuxième album est une épreuve pour bon nombre de groupes, dont, au final, pas mal se sabordent après ce délicat passage. En revanche, d'autres s'y attellent avec courage et continuent de poser les fondations de ce qui deviendra leur Œuvre. Avec
How To Be A Human Being, Glass Animals nous montre qu'il a largement choisi son camp (celui de ceux qui bâtissent sur du long terme) et n'a pas usurpé le succès lié à leur premier opus.

Si nous retrouvons certains éléments qui constituaient l'architecture sonore de
Zaba (son léché à l'extrême, sonorités chaudes et moites évoquant une transe tropicale), l'esprit de How To Be A Human being est, presque, à l'exact opposé.

Plus urbain, plus spontané que son prédécesseur, il nous prend un peu à rebrousse poil dans un premier temps tant il surfe sur un autre dynamique. Fini l'ombre des baobabs et des créatures rampantes sur un sol spongieux, ici c'est l'asphalte qui fait résonner la psyché de
Dave Barley, son leader.

Se nourrissant des rencontres faites lors de leur tournée,
How To Be... se penche sur ce qu'est la condition de l'être humain (littéralement le titre de l'album signifie « comment être un être humain). Incorporant des bribes de conversations dans ces morceaux, Glass Animals s'attarde moins sur le son, plus spontané, donc moins travaillé (mais cela s'entend peu au final), que sur l'énergie qu'il procure.

Plus percutant, plus dansant aussi, l'album reste à part dans l'univers actuelle du courant électro/pop. La voix douce de
Barley n'y est pas pour rien. Nous sentons également une forme de fragilité sous la surface de textes plus durs (car réalistes). Cette dichotomie nous éloigne donc de l'univers de Zaba, tout en douceur, tout en proposant une lecture plus humaniste, et pessimiste, de la société actuelle.

Ici, les refrains accrocheurs prennent le relais de couplets servant de matelas à une psychanalyse des émotions humaines. Ils sont à la fois puissants et fragiles, montre un groupe sensible, faillible, dont l'équilibre pourrait être mis à mal à chaque instant. En ce sens,
How To Be... est résolument différent de ce à quoi les Glass Animals nous avaient habitué.

Cela fait-il cependant de cet opus l'album de la consécration ?

Pas encore, nous devons l'avouer. Il manque encore un je-ne-sais-quoi qui propulserait le groupe tout en haut du firmament pop. Pourtant, le groupe s'y approche, à pas de velours. Ce disque tient toutes ses promesses et servira, nous en sommes sûr, de marche vers le sommet et vers un album mature et posé, loin de l'excitation du succès qui fait tourner la tête (même si le groupe garde les pieds sur terre).

En montrant une nouvelle facette du groupe, sans s'éloigner de ce qui fait son originalité,
How To Be A Human Being pose les fondation de l'Œuvre de Glass Animals qui sera, à n'en pas douter, une réussite.

En tout cas, nous le croyons fermement.

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