EMIL BULLS XX Candlelight

18 Jan 2016

 

Double-album anniversaire, Candlelight & Hellfire, pour ce groupe atypique qui fête déjà ses 20 ans, que nous avions précédemment chroniqué ICI, qui nous avait mis une putain de baffe dans la tronche.

 

Il faut dire que ces munichois manient comme personne l’art de battre l’enclume et la plume.

 

Ici, c’est la version Candlelight qui retient toute notre attention, c’est à dire la version semi-acoustique de leurs plus grands titres. En clair, au delà de la musique, c’est surtout la capacité qu’a ce putain de groupe de muthafuckers, à réinterpréter ses propres morceaux, à les arranger ou à les travestir qui nous excite la coquillette. Ni plus, ni moins.

 

 

Nous savions qu’en abandonnant leurs oripeaux bruyants, les morceaux ainsi dépouillés des Emilbulls, sonneraient méchamment justes, que les mélodies prendraient leur envol, malgré la présence de tempi trafiqués, ralentis pour l’occasion.

 

En revanche, nous ne pensions pas que l’ajout de cordes sur les refrains de The way of the warrior, Hearteater, serait réalisé avec autant de maestria. Plutôt que de débouler avec ses gros sabots munichois, le groupe a préféré jouer la carte de la suggestion, de la sobriété en les plaçant en arrière plan du mix, tandis que la basse fretless s’en donne à cœur joie, nous convaincants un peu plus. Nous réjouissant.

 

Mais rapidement, alors que nos dendrites s’ouvrent en corolle, déboule The most evil spell, assurément le morceau plus audacieux et le plus novateur de cet opus. Lorsque la trompette se fait entendre (oui vous avez bien lu, de la putain de trompette de merde), qu’elle résonne avec la brillance qui est la sienne, c’est toute l’intelligence de ce groupe qui nous saute à la gueule : les Emilbulls atomisent leurs propres codes musicaux, ils les émasculent avec brio, propulsant ainsi leur musique vers de nouveaux horizons musicaux, incongrus autant que sacrés. Ou presque.

 

Cependant, et alors même que nous plussons de toutes nos mains, de tous nos orteils qui battent la chamade, cette tendance naturelle qu’a le chanteur d’en faire des caisses, nous hérissent le pistil ! Notamment lorsqu’il confond chant clair et sonorités mièvres, l’intro de nothing in this world n’est pas sans nous rappeler les grandes heures de Simon & Garfunkel, alors qu’il éructe pourtant, des textes taillés au vitriol. This is the end of the road, Pardon me, I slowly exsanguinate into an ocean of despair, paroles qui nous ramènent fort heureusement aux limites du purgatoire, que le groupe ne quitte jamais véritablement.

 

De ce paradoxe habile, suinte un univers mélancolique, enveloppant, envoûtant, étonnement rassurant, qui cajole nos âmes encore terrorisées, qui les invitent du moins, à s’y frayer un chemin salvateur. Et alors que les quinze morceaux s’égrènent posément, un à un, une béatitude imbécile semble nous conquérir, guider notre propre tempo du monde, et comme le disent les Emilbulls, Every ending is a new beginning.

 

Et si la lumière, venait de ce Candlelight ?

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