NICOLAS REY Les enfants qui mentent n'iront pas au paradis

28 Jan 2016

 

A bien y regarder, il est des auteurs rares, uniques, pour lesquels nous avons la plus grande attention, même lorsqu’ils se comportent comme de grands ...

 

enfants, en prêtant leur plume, en la noyant, (en la régénérant ?) dans des activités artistiques parallèles.

Nous savons qu’ils n’écrivent pas vraiment, mais qu’ils tissent patiemment une œuvre.

 

Nicolas est de cette trempe là.

 

Dès l’annonce de la sortie imminente des enfants qui mentent n’iront pas au paradis, nous avons gentiment harcelé l’attachée de presse, maudit les services postiers, pour leur retard congénital, et cabossé cette putain de boite aux lettres, qui persistait à exhiber son ventre vide.

 

Mais au septième jour, il était là entre nos mains.

Enfin.

 

 

Un léger frisson nous chatouilla tout de même l’occiput, lorsque nous découvrîmes que Nicolas abandonnait l’autofiction pour glisser vers le roman, roman d’amour socialement prémonitoire que nous pouvons joyeusement traduire par : historiette merdique sur fond de nationalisme exacerbé, servie par des personnages doux-dingues. Un  agent artistique timbré, un quadra désabusé, une institutrice aux fesses affriolantes, des amours impossibles, du sexe rayonnant.

 

Une ambiance qui nous est heureusement familière.

Ouf.

 

Déjà, au bout de trois lignes, nos doutes imbéciles disparaissent. Les mots de Nicolas n’ont jamais aussi bien sonné ; ils sont d’une justesse, d’une précision effroyables, subtilement nichés à l’intérieur de chapitres au format ultra court, dont l’urgence nous évoque le microblogging.

 

Une contemporanéité dont l’insolence ne peut nous échapper.

Décemment.

 

Les pages se succèdent, le temps disparaît, il s’efface devant ces idées tour à tour brillantes, drôles ou salaces, qui guident nos fringances, alors que déjà, l’espiègle Diable Vauvert, s’étale de tout son saoul sur la page. Nous restons interdits.

 

Que s’est-il donc passé ? Rien.

 

Nicolas nous a juste trainé une nouvelle fois, tout là-haut, tout là-bas…

 

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