GARTH RISK HALLBERG City on fire

5 Oct 2016

 

 

Quand arrive le moment de s'attaquer vraiment à City On Fire, de Garth Risk Hallberg (éditions Plon, collection Feux Croisés) nous sommes coincés entre le vertige de devoir affronter ces presque mille pages et l'excitation de l'enfant découvrant ce que le père Noël à déposé au pied du sapin.


Mais qui, du vertige ou de l'excitation, l'emporte au final ?

Cette « City On Fire », c'est
New York, mais pas la Grosse Pomme d'aujourd'hui, celle de l'année 1977 et de sa monumentale coupure de courant. Celle-ci, due à un orage, dont la foudre avait frappé plusieurs lignes à haute tension, provoqua dans la ville, sortant à peine de la faillite, des émeutes en cascade.

Garth Risk Hallberg, GRH pour faire plus court, s'en sert de toile de fond pour son intrigue qui incorpore, pêle-mêle, quête identitaire, relation père/fils, frère/sœur/ mari/femme, homosexualité, journalisme et culture punk. Rassurez-vous, voici un bref résumé pour vous faire une idée plus précise de ce que renferme ce bouquin absolument addictif.

Soir du nouvel an. 1976 cède la place à 1977.
Sam Cicciaro est assise dans un parc, attendant son amant, mais elle se fait tirer dessus. Cet acte aura des répercussions sur bon nombre de personnes et les reliera entre elles malgré leurs vies très différentes. L'ami de Sam, Charlie rejoindra le clan des post-humanists, dirigé par Nicky Chaos et principalement composé par les anciens membres du groupe punk Ex Post-Facto. Le but des post-humanists est de montrer que l'humanité n'a nul besoin d'être gouverné et, pour cela, mettent le feu à des immeubles insalubres downtown et de lancer une révolution grâce à leur « Frère Démon ».  Le frère démon, c'est également le surnom d'Amory Gould, dirigeant ayant manigancé dans l'ombre pour se retrouver à la tête de l'empire Hamilton-Sweeney. L'héritier de cet empire, William Hamilton-Sweeney III, alias Billy Three Sticks, ex leader des Ex Post-Facto, avait déserté sa famille (et son héritage) lorsque son père avait épousé la sœur de Gould. Il a depuis sombré dans la drogue et a complètement délaissé la peinture...

Ce résumé vous éclaire-t-il un peu ?  Nous imaginons que ... pas vraiment. Mais en lisant le bouquin, tout est limpide. L'un des points forts de l'ouvrage réside dans le fait que les chapitres, plutôt brefs, sautent d'un personnage à l'autre avec fluidité. Chaque fin de chapitre est en lien avec celui qui le suit, créant ainsi une cohésion forte et même si une dizaine de personnages principaux s'entrecroisent, nous ne sommes pas perdus, leurs univers respectifs étant bien marqués et détaillés avec précision.

Qu'en est-il de la personnalité de tous ces protagonistes ?


GRH frappe là un très gros coup. Outre une multitude de détails, jamais indigestes, GRH a eu une idée de génie en alternant, tout au long du bouquin, moment passé et moment présent, revenant sur les germes ayant entraînés les actes présents. Mais il ne s'arrête pas là ! En effet, l'auteur incorpore dans son roman des extraits du fanzine punk de Sam Cicciaro, l'article du journaliste Richard Groskoph et des rapports du psy de Will Lamplighter-Hamilton, entre autre, ce qui rend les personnages palpables, vivants (ou ayant existé), et nous dévoile des pans entiers de leur psychologie. Pur génie on vous dit !

Si l'écriture de
GRH nous apparaît ampoulée au début de City On Fire, qu'elle nous rend perplexe, nous comprenons rapidement ses mécanismes et, dès lors, nous naviguons sur un fleuve (pas si tranquille que cela) d'idées qui font que jamais nous ne sombrons dans l'ennui.

Nous récapitulons : L'intrigue est riche, complexe, mais
Gart Risk Hallberg maîtrise l'ensemble en déroulant ses arguments d'une manière époustouflante. Pas de temps morts, des rebondissements, des descriptions brèves mais précises, un univers mêlant références rock, intrigues familiales et éléments historique, tous les ingrédients qui font de ce City On Fire un putain de roman.

Ce jeune auteur, de pas tout à fait 38 ans fait une arrivée tonitruante dans le monde littéraire. Nous en reparlerons, soyez en sûrs, mais pour le moment, ne vous laissez pas rebuter par ces 987 pages et foncez tête baissée dans cet univers New Yorkais âpre, exigeant, magnifiquement romancé, qui ne fait que renforcer la légende de cette ville : fascinant!

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