SLOW JOE AND THE GINGER ACCIDENT Let me be gone

7 Mar 2017

Le 03 février dernier sortait l'album de Slow Joe and the ginger accident, un album intitulé Let Me Be Gone, un album posthume.

Slow Joe, en effet, est mort lors de la finalisation de cet album, d'une rupture d'anévrisme, ne lui laissant aucune chance.

La vie de ce chanteur, qui a rencontré les quatre rockeurs de
The Ginger Accident, était à elle seule un roman. Ce disque en est son épitaphe.

Slow Joe était indien. Il n'avait chanté que pour lui et, par un de ces hasards de la vie (et aussi un peu grâce à son talent), se retrouva aux Transmusicales de Rennes, où il donna un de ses premiers concerts. Il y rencontra les membres de The Ginger Accident et ensemble, ils se mirent à travailler.

Deux albums sortirent, puis enfin ce troisième, qui se teinte d'une aura particulière, aura nimbée de spiritualité. Nous la retrouvons dans les texte de
Slow Joe, qui parle de looser, d'amour, de foi. I went to the temple, I went to the mosquee, I went to the church too, when I was Lost... Ce clochard céleste hante ces titres de son charisme, à la croisée d'un Jim Morrison et d'un Lou Reed, deux loosers magnifiques, eux aussi, dont il est le digne héritier, d'une certaine façon.

Mais la voix ne fait pas tout. Il faut la porter, avec précaution, dans un écrin soyeux. La musique de
The Ginger Accident et de cette trempe et colle parfaitement aux compositions chargées de sens de Slow Joe.

Tour à tour inspirée du psychédélisme avec ses claviers, digne de la grande époque des
Doors, du blues, bien sûr, du rock et de la musique du monde (des inspirations arabisantes surviennent ici ou là), les instrumentistes s'en donnent à cœur joie et dégage une cohésion folle.

Non, il ne s'agissait pas là du backing band de
Slow Joe, mais d'un véritable groupe. L'alchimie est parfaite et quand le chanteur se lance dans une interprétation très spoken world, le groupe lui tisse une musique absolument géniale, faite de contre temps, de rythmes alambiqués qui renforcent la portée des mots.

Les mots titubent, la musique les redresse. Et quand les paroles coulent sans heurt, c'est la musique qui se saccade. Un équilibre sans cesse bouleversé, sans repères fixes pour un disque d'une force rare qui fait que, même nous, nous nous sentons subitement pieux.

Pourquoi ?

Parce qu'il est juste beau, hors du temps, ne surfant sur aucun courant actuel. C'est une musique qui vient du cœur, des paroles qui viennent de l'âme. Celle de
Slow Joe s'en est éteinte, mais en écoutant cette voix, cabossées par des temps jadis rudes, il nous semble qu'elle flotte autour de nous, nous rendant plus humain, plus humble aussi.

Un album qui, hélas, est le dernier de ce groupe, à l'instar de ces étoiles défuntes qui nous façonnent, qui nous ont fait aimé la musique et qui nous font encore espérer de belles choses. 


Slow Joe peut les rejoindre en toute sérénité, il est leur égal, à bien des égards.
 

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