DEPECHE MODE Spirit

2 Apr 2017

 

 

Ce titre d'album n’a jamais aussi bien porté son nom, tant le groupe de Basildon affiche crânement toute son inspiration, en lisière d’une rédemption, d’une maturité, du plaisir ou de la fierté d'être encore là après toutes ces années et d'avoir ces belles choses à raconter, à mettre en musique.

 

Bien évidemment d'aucuns diront que le DM n'a plus rien à voir avec celui d’antan, alors que ce trio est capable de se réinventer, sans se perdre, ce qui est bien trop rare pour ne pas être souligné à sa juste valeur et que c’est aussi cela qui nous excite les mandibules...

 

 

 

Alors oui les tempi se sont dangereusement calmés, comme pour mieux signifier à la planète toute entière, que le groupe a atteint sa pleine apogée, ou du moins sa pleine maturité, qu'ils ne sont plus des gamins, ni nous d'ailleurs, que le chemin musical qu'ils empruntent, est désormais celui de magnifiques quinquagénaires.

 

Juste après une première écoute, une seconde, une troisième non moins significative, ce sont les textes qui nous percutent d’abord les synapses. Les paroles que Dave Gahan semble déclamer à haute et intelligible voix,  n’ont jamais été aussi limpides. Chaque mot décoché faisant mouche.

 

La vie, la mort, la vacuité de l'existence, ce temps assassin qui file entre nos doigts crispés, qui marbre ces visages apathiques, comme si ces compositions nous offraient enfin le luxe de nous poser enfin, pour admirer le chemin parcouru, tout autant que celui qu’il reste a deviner.

 

Pourtant cet album ne se vautre ni dans une mièvrerie absconse ou une mélancolie putassière, incongrue, bien au contraire cette mise en abîme de sentiments poly contrariés, est juste, précise, à l’instar des arrangements qui habillent ces histoires. Présents, sans être étouffants, toujours évidemment technoïdes, ces sons oscillent entre l'ambient et le dub, comme pour mieux habiller ces  fragrances contemporaines qui fouettent nos visages.

 

Au fur et à mesure que défilent les plages musicales de cet étonnant opus, se déverse dans nos veines, un  imbécile sentiment de plénitude, de gravité ou de sérénité,  propulsé par ce titre Eternal, dont le format, la résonance si particulière contribue à façonner ce qu’il y a de plus sacré au tréfonds de  nos âmes.

 

Where’s the revolution, chantent les DM ? Gesticule-t-elle insidieusement, tout au long de cet album ? Ou est-elle subtilement emmitouflée …en chacun de nous ?

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