AVRIL Ze fish

3 Apr 2017

 

Le mois d’avril est bien évidemment celui qui nous ravit le plus, notamment ce premier jour qui oscille élégamment entre facéties, gaudrioles avariés et merlan frais jeté à la tronche du premier marin d’eau douce venu. Il faut dire que l’actualité made in bleu-blanc-rouge, ne cesse de titiller nos zygomatiques puisque les élections présidentielles arrivent à grands pas : cataclop, cataclop, cataclop…

 

Pour être tout à fait honnêtes, nous sommes bien plus aimantés par les premiers rayons de soleil qui viennent réchauffer nos couennes endolories, que par cette mascarade imbécile à laquelle il semble très difficile d’échapper, malgré nos efforts louables.

 

Vous allez me dire mais quel rapport existe-t-il avec la culture, la musique, les livres, c’est à dire la vie ? A bien y réfléchir aucun, quoique… justement…paradoxalement…Tout !

 

Pour nous, c’est exactement la même chose, puisqu’on nous demande tout bonnement de Choisir. Dieu, que nous pouvons idolâtrer autant qu’haïr ce mot, qui résume à lui seul, tout le sel de l’existence, ses tourments, ses joies et ses peines, la petite musique triste en moins.

 

Au quotidien, nous passons notre vie à écrémer ce tas de nouveautés qui chaque jour dégueule de la boite aux lettres, du bureau, des mails, à disséquer la musique des autres, à tisser, digérer notre propre subculture, à devenir ce que nous sommes : faire le Choix de ne pas se contenter d’écouter toujours ce même album, ces mêmes putains de chansons que nous dévorions à l’orée de nos vingt ans.

Vingt ans…

 

Devons-nous ardemment voter pour ces merles siffleurs qui nous offrent grosso-merdo, toujours cette même rengaine qui écorche nos oreilles si aiguisées ? Or, maintenant que nos propres enfants sont en âge d’aller glisser leur ticket de pseudo-adulte dans les urnes, il nous apparaît, que nous aussi, nous avions confier les rênes à ces vieux messieurs, qui déjà ne nous comprenaient pas, alors que résonnaient encore dans nos têtes, And justice for all, qu’Antisocial de Trust n’était pas si loin…

 

Inspiration.

Encore un mot qui consume nos existences, au sens propre comme au figuré puisqu’en ce doux mois d’avril, de grands et beaux albums nous tombent sur la tête, comme si les dieux du rock en avaient eu assez de nos hivernales jérémiades.

 

L’excellent Depeche Mode sonne le glas de cette sclérosante disette, la chronique est ici, Mastodon l’énormissime déboule tout en finesse, alors que le futur Alt-J prend déjà du retard et que the One Hundred, Eskimo Callboy, les One Morning Left sont en embuscade et annoncent un printemps détonnant…

Radieux.

 

Alors oui, nous avons fait le Choix de noircir ces putain de pages, de pourfendre le saint Graal, tout en sachant qu’il n’existe pas, que notre démarche hasardeuse nous rapproche bien plus d’un Don Quichotte, d’un Sancho Panza que d'un duo fictif d'assistants parlementaires, mais il nous semble que cela vaut toujours mieux...

 

Votez bien… ou pas !

Please reload

Articles Récents

12 Nov 2019

Please reload

Archives
Please reload