NOVO AMOR Bathing beach

6 May 2017

 

 

Parfois nous avons la chance, voire le privilège de tomber sur un de ces ovnis musicaux, Novo Amor qui nous pousse à ne pas mettre la clé sous la porte.

 

Parfois,  il nous arrive de jubiler, d'avoir ce sentiment imbécile d'être l'égal des dieux, lorsqu'il nous est donné la possibilité de nous gaver de ces notes de musique, qui semblent tomber de l'escarcelle.

 

Parfois il nous arrive d'aimer suffisamment la vie pour croire en un lendemain brillant.

 

Parfois...

 

 

 

Il pleut. Non. Dehors il tombe des hallebardes, la fenêtre entrouverte laisse filtrer une légère bise : froide, humide, austère. Un rapide coup d’œil à la lande, que déjà la brume s’en empare, emmitouflant ses secrets, calfeutrant ses ombres les plus narquoises, renfermant ses trésors inaccessibles. Je ne sais pas pourquoi je te parle de ça, ni pourquoi je t’écris, l’habitude peut-être. Je suis enchainé à ma table de travail, comme tous les matins, je tente de noter sur mon calepin, alors que mon café refroidit, les idées fugaces qui m’étreignent, sans véritablement réussir à penser.

 

Tu me manques.

Rien que cette pensée m’est insupportable ; elle me torture et me ravit à la fois, sans que je ne sache véritablement ce qu’il en est. J’hésite. Je te bénis de t’être égarée en ce coin perdu, en mes bras et je t’en veux plus encore de t’accrocher à ce vestige qui ne nous appartient plus. Déjà. Pourtant en écrivant ces mots, je mesure à quel point ton parfum remplit tout l’espace, enivre encore mes sens, comme aux premières lueurs du jour.

 

La pluie maintenant tombe en trombe et percute les fenêtres dans un vacarme effroyable. Je songe à ce chaos qui fut le nôtre, que nous avons tissé l’un et l’autre, malgré nous, comme si nos poitrines respectives ne pouvaient contenir ces sentiments bigarrés, vils et puissants à la fois qui finirent de nous consumer. Malgré moi, le timbre de ta voix, angevine, me guide et c’est à peine si je me remémore ton souffle, dont l’âcreté pourtant, ne manqua pas de me crucifier.

 

Le temps que nous avions réussi à dompter, à emprisonner entre nos serres, brutalement s’est figé. Les secondes sont devenues des éternités, je ne trouvais plus de grâce aux sentences que tu me décochais tandis que naïvement, tu t’acharnais à trouver sur mon visage, les quelques traces d’un sourire, d’une communion. En vain.

 

Je referme la fenêtre d’une main lasse, étonnamment fatiguée, usée ; il est grand temps pour moi de continuer le voyage, même si je te l’avoue, je n’en ai ni l’envie, ni le courage. Demain le temps devrait se lever, les gens d’ici m’ont affirmé que la brume annonçait toujours le retour du soleil, que ce cycle était immuable. Beau et désespérant à la fois.

Beau…

 

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