CHABERT - DIMBERTON Gainsbourg

9 May 2017

Le profil du chanteur, clope à la main, volutes de gitanes devant un nez plus vrai que nature, le tout sur un fond bleu électrique, telle est la couverture de Gainsbourg, bande dessinée biographique de Chabert (dessin) et Dimberton (scénario), aux éditions Jungle.

Tout a déjà été dit sur
Gainsbourg, cet artiste majeur d'un art qu'il considérait mineur. Outre la flamboyance de son irrévérence, de son côté provocateur, outre son romantisme exacerbé et son cœur d'artichaut (un comble pour l'homme à tête de chou), Gainsbourg portait en lui les stigmates d'une âme slave en exil.

Bien entendu, cette biographie revient, en 72 pages (donc relativement brièvement), sur la vie de l'auteur compositeur interprète. Tout y est cependant, de sa relation passionnelle avec
Brigitte Bardot, sur la déflagration que fut Je T'Aime Moi Non Plus, censuré en son temps et dont le Vatican fit la meilleure pub que Gainsbourg puisse rêver.

Et puis les galères, les disques qui ne se vendirent pas et qui sont aujourd'hui considérés comme des monuments de la musique et de la chanson française, tel  le fabuleux
Histoire De Mélody Nelson. La rencontre avec Jane Birkin est bien entendu évoquée, celle d'avec Bambou également. Nous y voyons aussi Charlotte, le scandale suscité par la reprise reggae de La Marseillaise (Aux Armes Etc), puis la prise de pouvoir de Gainsbarre sur un être fragilisé par le départ de Jane et les échecs à répétition.

D'ailleurs, pour se refaire,
Gainsbourg savait s'y prendre. Il créa ainsi L'Ami Caoutte pour renflouer les caisses. Ce tube fit un carton... Nous comprenons dès lors mieux le pourquoi de la musique considérée comme art mineur par celui qui se rêvait peintre.

C'est d'ailleurs du côté graphisme que cette bande dessiné nous époustoufle. Alors que
Gainsbourg prend des cours à l'académie de peinture de Montmartre, il rencontre Fernand léger. Les pages prennent alors les codes hérité de ce fameux peintre. L'imagination de Chabert permet toutes les fantaisies dont celle qui nous inspire le plus, à savoir la personnification de bouteille d'alcool et de clopes en médecins prévenant le chanteur que leur abus, suite à sa première crise cardiaque, pourraient lui être fatal.

Les portraits de
BB, Jane, Charlotte, sont criant de vérité, celui de Gainsbourg fidèle au jeune homme qu'il fut, y compris dans sa gestuelle, celui de sa déchéance l'étant tout autant.

Si nous retrouvons dans cette BD ce qui faisait le sel du film
Gainsbourg, Une Vie Héroïque (de Joan Sfarr que nous ne saurions que  trop vous conseiller), à savoir un univers plein de poésie et de trouvailles géniales, la bande dessiné laisse notre imaginaire travailler à fond.

Les références aux chansons mythique de
Gainsbourg trouvent leur naissance dans les incidents ou bonheurs de la (sa) vie. Nous y retrouvons l'essence de cet auteur compositeur qui, mises à part ses pérégrinations reggae, n'a pas pris une ride et dont la poésie ne cesse de nous réchauffer le cœur et l'esprit.

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