THE VOLUNTEERED SLAVES Ripcord

9 May 2017

God Only Knows, Video Kill The Radio Star, Us And Them et, attendez, c'est quoi dans ce refrain ? Rock The Casbah. Hum intéressantes références. Et qui reprend ces titres ? The Volunteered Slaves vous dites ? Dans leur dernier album intitulé Ripcord ? Ok, mais quoi d'autre ?

En effet,
The Volunteered Slaves reprennent ces morceaux, plus ou moins connus, des Buggles, Beach Boys et autre Pink Floyd, avec ce petit clin d'oeil aux Clash, preuve s'il en est du bon goût de ce groupe de jazz pas vraiment comme les autres.

Pourquoi disons-nous cela ? Tout simplement parce que ce groupe compte plus d'invités que  de membres fixes, et que ces invités sont au nombre de cinq rien que pour les parties vocales. Nous notons donc la présence d'
Allonymous, Indy Eka, mafe, Raphaella Cupidin et Liala Ogawa. La base fixe quant à elle est composée d'un percussionniste chanteur, d'un saxophoniste (ténor et soprano), d'un pianiste claviériste, d'un bassiste/contrebassiste et d'un batteur.Au rang des invités instrumentistes, nous avons un organiste, un guitariste, un contrebassiste et un sax ténor. Le compte y est.

Tout cela donne un album nourrit de multiples influences, qu'elles soient pop (comme l'attestent les 3 reprises citées ci-dessus), funk, électro, hip hop et bien sûr jazz. Musicalement, ça brasse large, moderne, et ça ne sonne pas jazz à proprement parlé. Il s'agit plus certainement d'une musique urbaine, groovy, funky, électrique, chargé d'une énergie communicative bon enfant, dépassant les clivages des étiquettes et des cases où sont souvent rangés les styles musicaux.

Si le groupe reprend les
Buggles (première reprise de l'album), c'est juste que ça leur parle, qu'ils entendent des voix et qu'ils peuvent en faire quelque chose de neuf. Et ça marche car ce morceau (ainsi que les autres reprises), s'il est reconnaissable, est pourtant très différent de l'original.

Nous aurions pu craindre que les univers respectifs des invités défragmentent la cohésion du groupe, cependant ils ne font que lier le tout. La sauce prend, dès le premier morceau. Les rythmiques sont monstrueuses, complexes, mais pour autant elles n'empêchent pas d'avoir envie de se trémousser. Les basses sont présentent, ressenties au creux de l'estomac et descendant jusqu'aux talons. Les sax ont la part belle, entre stridences free et bidouillages électro. Le groupe expérimente, dynamite l'assise jazz pour en tirer la quintessence même du style, à savoir une énergie sans limites.

Les 5 chanteurs/rappeurs/slammers apportent leur savoir faire et leur hétérogénéité pour rendre cet album plus métissé que jamais, mais surtout plus unis. Comme quoi, n'en déplaise à certain, le mélange fait du bien. Nous en avons là la preuve concrète. Si les morceaux sont plus souvent rappés, le spoken world laisse sa place à des refrains chantés en anglais, avec quelques mots en arabe ici ou là.

Ce groupe explose tous les on-dit. Leur liberté est totale, mais ne sonne pas fausse. Pas de pause, sincérité oblige, pour livrer un album étonnant, riche, complexe, certes un peu difficile à appréhender.

 

Cependant, une fois que les premières écoutes agissent sur notre cerveau, nous ne pouvons plus enlever le disque de la platine. Il est comme une bonne drogue, qui ne détruit pas les neurones.

Bref, c'est de la bonne came, que nous ne pouvons que vous conseiller si vous avez un esprit aventureux.  

 

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