ELLIOT MOSS Boomerang

21 May 2017

2 ans après la sortie de Highspeed, son premier album, petite merveille que nous avions chroniqué ici, Elliot Moss remet le couvert et nous sert un EP 7 titres, intitulé Boomerang, proche de la perfection.

Boomerang commence là où s'arrêtait son prédécesseur. Nous retrouvons donc, dans un premier temps, la voix chaleureuse du jeune prodige New Yorkais, voix qu'il dédouble pour apporter une profondeur et une émotions à fleur de peau à ces compos. Enregistrée en analogique (ce que nous croyons deviner), une chaleur en émane qui contraste avec la pulsation électronique des rythmiques.

En effet, usant d'une boite à rythme et de programmations diverses, comme sur le premier album, la tonalité électronique est une nouvelle fois présente. Sur des tempi lents,
Elliot Moss tisse un canevas sur lequel s'entremêlent claviers, bidouillages sonores, arrangements précis (nappes élégiaques, modulations des rythmiques, handclaps minimalistes...) et instruments plus traditionnels (notamment piano). En résulte un mix parfait entre modernité et relents pop/soul « à l'ancienne ».

Pourtant, la musique du New Yorkais possède quelque chose en elle de terriblement organique. Elle semble se nicher quelque part sous les côtes, ou dans les veines. Elle s'écoule sans heurt, mais parfois s'accélère pour mieux nous éblouir. C'est fort, nous touche profondément même si nous essayons de résister à ce chant de Sirène dont nous nous méfions, tels des Ulysse trop souvent bernés par la dernière nouveauté.


Si nous devions émettre un bémol, il viendrait de l'utilisation du vocoder qui n'apporte pas grand chose (
My Statue Sinking). En revanche, les accords mineurs, la tonalité profondément nostalgique, nous émeuvent comme rarement, ce qui fait de ce titre un paradoxe en soi. Quant aux 6 autres titres, nous ne pouvons que constater leur beauté, leur imparable efficacité.

Elliot Moss vient d'une autre planète, de quelque part où des pétales de fleurs tomberaient du ciel, où des oiseaux sortiraient des gueules des canons, où les êtres humains seraient de nouveau humanisés. Sa musique ne ressemble à aucune autre et annonce un avenir moins sombre. Son vol retour s'annonce palpitant et c'est peu dire que nous plaçons de gros espoirs sur la suite de la carrière déjà exceptionnelle d'Elliot Moss.

 

 

 

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