PANDRA VOX Windswept

23 May 2017

Faire de la musique engagée, voilà qui est plutôt casse gueule de nos jours. Les groupes qui nuancent peu leurs propos, qui n'utilisent pas de métaphores (bref, les groupes bas du front), tombent souvent dans une mélasse putride où les bons sentiments dégoulinent, noyant souvent le propos dans une guimauve bien pensante de mauvaise aloi. Bref, n'est pas talentueux qui veut

Survient alors un groupe nommé
Pandra Vox, dont il est dur de définir le style. Le combo emprunte en effet ses références un peu partout dans le spectre musical des dernières décennies. Que dire quand, en plus, nous n'entendons-là aucune guitare ? À l'image d'un groupe dont nous avons oublié le nom, et qui se targuait d'être un groupe « sans guitares », Pandra Vox choisit la formule basse piano/claviers batterie (plus samples)  pour distiller son message.

Mais de quoi parle
Windswept, leur EP (5 titres) ? Il parle autant d'écologie (Hambach) que de sujet sociétaux liés au terrorisme (What happen in wonderland) ou des problématiques quant aux réfugiés des pays en guerre (This is not a fishing boat). La conscience de Pandra Vox pourrait tomber à plat, car il s'agit-là de terrains particulièrement glissants. Pourtant le pari est réussi, ne serait-ce que par les climats se dégageant à l'écoute des morceaux.

Si les pianos sonnent jazzy, la pop affleure la surface audible de l'ensemble. La basse, ronde, chaude, appuie la voix, conférant à l'ensemble une emprise, une présence, parfois quelque peu angoissante, car sous-jacente, prêtant à croire que quelque chose va exploser sans prévenir. La batterie, elle, fait son taf, liant le tout par un jeu efficace, sans esbrouffe (comprendre par là que même si elle est imaginative, il n'y a aucun coup superflu), qui confère une unité à l'ensemble.

Du coup,
Pandra Vox sonne autant rock que pop, presque jazz (les claviers utilisés comme des  xylophones n'y sont pas étrangers), souvent trip-hop. Ah ouais ? Rock vous dîtes ? Sans guitare ? Et oui les p'tits pépères, le rock, c'est aussi une attitude, une implication, une vibration que l'on ressort de ses tripes, par son chant. Et là, rien à dire, ça envoie parce que, franchement, elle est habitée Pandra (la chanteuse) et nous sentons bien que ça remonte de profond, de l'estomac, ou de la conscience. Sa voix, que nous l'aimions ou pas, terrasse pas mal de certitude.

Cependant, le groupe tout entier porte cette vibration, cette forme de romantisme exacerbé, exalté, par le biais d'arrangements nuancés. Autrement dit, c'est fin, c'est bien joué, et rien n'est ici bas du front (cf les groupes qui croient qu'ils ont des choses à dire).

En bannissant les errances de leurs compos (pas de facilités, pas d'emphase, pas de pathos non plus),
Pandra Vox réveille nos sensibilités légèrement (carrément ?) anesthésiées par tout ce qui se trame autour de nous. Qui a dit, déjà, que la musique pouvait changer le monde ? Eh oui, nous en sommes là, ce qui n'est pas peu dire.

Avec
Windswept, Pandra Vox étonne par sa maturité, par son parti pris et par un son original. La formule fonctionne parfaitement, étonne tout autant qu'elle séduit. Un frisson remontait le long de notre échine à la première écoute, aujourd'hui, il est blotti quelque part au niveau de la cage thoracique.

 

Mais c'est surtout dans notre tête qu'il résonne et que le message de Pandra Vox s'imprime de façon durable, même une fois le silence revenu.

 

 

 


 

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