ALIOCHA Eleven songs by

19 Jun 2017

Aliocha fait de la pop à tendance folk, un traquenard en somme, parce que faire de la pop à tendance folk, c'est un peu comme remplir une armoire à ras bord et fermer la porte avant que tout se casse la gueule. En d'autres mots, faire de la pop à tendance folk (ou inversement), est sacrément dangereux.

Alors c'est sûr, nous pourrions dire qu'
Aliocha nous fait penser, avec son « Eleven Songs By », au premier album de Tom Mc Rae, avec cette production un peu rêche, un peu froide. Et puis sa voix nous fait un peu penser à celle de John Branwell (du groupe britannique I Am Kloot) ou bien à celle de Peter Van Poelh (qui elle même fait parfois penser à celle de (sic) Phil Collins). Et alors ?

Alors rien parce qu'
Aliocha possède un grain de voix qui n'appartient qu'à lui, dans ces timbres aigus pourtant si facilement copiables et qui d'ordinaire se démarquent peu de la concurrence. Sa voix possède un trémolo touchant (Sarah) ou un côté « rock » plus volontaire (Sorry Eyes). Mise en avant par rapport aux instrument, elle apporte une personnalité forte aux compositions, précises, du garçon.

Le talent de songwriter du jeune homme
ne fait aucun doute. Il vaut mieux cela dit, étant donné que de faire de la pop tendance folk... Ouais, on radote. Donc son talent d'écriture est bien présent, avec des textes riches, parlant d'hommes et de femmes, anonymes et pourtant si universels, des relations qui unissent les Hommes, de l'amitié, de l'amour, de la vie.  

Pour appuyer ses textes,
Aliocha joue la variété instrumentale : piano, guitare, folk ou électrique, cordes. La production est rêche en ce sens qu'elle place d'une part la voix du chanteur dans un écho un peu froid, d'autre part les instruments en retrait, comme s'ils étaient joués au fond d'une salle, plusieurs mètres derrière le frontman.

Cependant, quand nous tendons l'oreille, la richesse des arrangements voit le jour, dans une finesse qui n'a rien à envier à la richesse de ses textes
. Il n'y a là aucune faute de goût, aucun faux pas, aucune facilité. Quand retenti un harmonica, nous pensons immédiatement à Bob Dylan, qui doit certainement traîner quelque part dans les influences d'Aliocha, même si rien n'est singé.

Aliocha fait de la pop à tendance folk, et, nous l'avouons sans honte, il le fait plus que bien. Son album nous touche directement au cœur, parce qu'il est fragile, simple, touchant. Nous sentons une écriture gorgée de sensibilité que retranscrit à merveille cette voix unique.

 

Quand l'écrin est aussi doux que ce qu'il renferme, nous savons que nous touchons quelque chose de précieux.

 

Cet album l'est, assurément.

 

 

 

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