DBFC Jenks

25 Jun 2017

Leur musique possède quelque chose d'un peu métallique, comme le goût du souvenir. À base de claviers, d'arrangements électroniques modernes, avec une voix nimbée de reverb, nous pourrions penser à de la new wave, mais tel n'est pas le cas. Avec son premier album Jenks, DBFC nous la joue retour vers le futur : nous revoilà propulsé à l'orée des 90's, à l'époque des Happy mondays et de la vague Madchester.

Ce courant musical regroupait en son sein des groupes tels les
Happy Mondays, ci-dessus cités, les Stone Roses ou bien encore les Charlatans, actuellement de retour sur le devant de la scène, et se définissait musicalement par un mélange entre rock et house. Le mythique club de l'Hacienda servait de repère à ces groupes quasiment tous issus de la ville de Manchester.

Voilà pour le rappel historique. Mais quid de
DBFC ? Ce groupe n'est pas 100% mancunien. Il ne l'est qu'à 25%, les 75 autres étant parisien. Pourtant, nous replongeons directement dans ces années durant lesquels ce mouvement surfa sur le haut de la vague (tout comme l’ecstasy qui détrôna toutes les drogues installées jusque-là) et réapparaît aujourd'hui pour notre plus grand plaisir.

Guitares, synthés, esprit club, relents psychédéliques, tout y est. Tout commence par la voix. Dans
Jenks, elle est entouré d'un halo de reverb pas dégueulasse, qui à lui seul évoque une certaine idée du psychédélisme. Les claviers, typés (mais pas ringards), ne sont pas en reste car, couplés à une basse groovy et répétitive, ils nous emmènent directement sur un dancefloor fantasmé. Inutile de préciser que le tout est porté par une batterie au diapason, puissante sans être lourde.

D'ailleurs rythmiquement, ça tient méchamment la route, celle d'une forme de disco. Mais pas cheap ! Les morceaux parfois s'étirent, nous emmenant alors très loin dans notre trip perso, loin des frontières terrestres, mais aussi loin de celles de l'imaginaire.
DBFC n'est pas là pour la pose, il déroule sa technique, au seuil de la perfection, pour nous entraîner à sa suite.

Jenks possède ce côté chamanique, presque anesthésiant par moment. La musique nous entoure, prend soin de nous. Elle est un ventre chaud où nous aimons nous recueillir, partir en nous-même, nous retrouver. Chaque morceau nous révèle des trésors d'arrangements,comme autant de facettes de notre personnalité que nous croyions à tort disparues. Ainsi, DBFC évite toute forme de lassitude, écueil difficile à éviter quand la base même du morceau se veut répétitive.

Cependant, le groupe sait se montrer revêche et nous bousculer en sortant les griffes, toujours dans cette forme de célébration de la danse typique aux clubs. Le dernier morceau de l'album,
The Rest Of The World, flirtant avec les 10 minutes, se veut plus rentre dedans, inquiétant presque. Son gimmick en est la preuve : my daughter is waiting, my love is waiting and the rest of the world can go to hell (ma fille attend, mon amour attend, et le reste du monde peut aller en enfer). Avec ce titre, pur voyage psychédélique, répétitif, avec sa montée en puissance imparable et sa spirale infernale de claviers, DBFC rétame la concurrence et nous laisse exsangue.

Avec son première album,
DBFC ressuscite l'esprit Madchester, mais également nos souvenirs de cette époque de renouveau musical après de ternes années 80. Le groupe ne tombe pas dans l'hommage obséquieux, ni dans la pâle copie, et nous prouve qu'un esprit ne meure jamais, si tant est qu'il est renouvelé avec talent.

 

Ce qui est indéniablement le cas avec Jenks.
 

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