THOMAS GUNZIG La vie sauvage

9 Sep 2017

 

 

Comme à son habitude, Thomas G nous emmène dans une épopée biscornue dont lui seul a le secret.

 

Une histoire qui s'installe aux entournures de l'Emile de Rousseau, d'un Tarzan adolescent, boosté aux hormones, aux réseaux sociaux, qui s'agite sur fond de manipulation, d'amour harlequinnesques, à la croisée de programmes narratifs improbables autant qu'originaux.

 

Vous l'aurez évidemment compris: on aime ou pas Thomas Gunzig, on déteste ou pas ses histoires racontées, ciselées comme il se doit.

 

Avec brio, intelligence, humour, mais qui sont aussi parfois teintées de dérision, de cynisme et qui avaient su, lors de son précédent livre, Manuel de survie à l'usage des incapables, nous transporter au delà de nos attentes.

 

 

 

 

 

Alors ici nous retrouvons plus ou moins la même formule, à savoir un pitch qui tient tout autant de l’imbécillité congénitale que du génie : un enfant, ou plutôt un adolescent plus ou moins sauvage est retrouvé dans la jungle, jungle dans laquelle il a grandi tant bien que mal, sans se soucier du reste du monde. Ce qui n'est pas le cas du reste du monde qui se rappelle à son bon souvenir, notamment sa famille proche, son oncle, sa femme et ses deux tarés de gosses, qui vont le rapatrier de toute urgence dans une petite ville de Belgique (toute similitude avec le pays de l'auteur serait une coïncidence volontairement fortuite)...

 

Sur fond de bleuette qui n'en est pas vraiment une, c'est Thomas G tout de même l'auteur, le héros, cet adolescent grimé, va utiliser à ses fins, ce monde moderne qu'il découvre, notamment le darkweb et ses possibilités infinies. Ainsi sous ces faux airs de grand singe perturbé, il n'aura de cesse de manipuler la gente féminine, grâce à ses deux talents cachés: son amour encyclopédique de la littérature (toute ressemblance avec Thomas Gunzig serait évidemment fortuite) et son sexe, qu'il arrive à fourrer un peu partout, du moment que la matrice qui l'accueille, peut asseoir ou servir ses dessins.

 

Évidemment nous plussons des deux mains, lorsque l'intrigue se révèle, que le dénouement se fait jour ; il faut dire que l’auteur ne fait pas dans la demi-mesure et que la fin ressemble à s’y méprendre, à celle d’un film d’action, lorsque mercenaires, armes, hélicoptères Puma virevoltent dans un tourbillon de souffre, d’adrénaline anxiogène.

 

Oui Thomas G s'est appliqué, oui son bouquin est super bien écrit, oui il s'est sorti les doigts de sa chevelure frisée, oui il fait tout ça divinement bien, oui la pléthore de recherches documentaires est incontestable, oui le réalisme est au rendez-vous, mais, ( car il y a un mais...) cela se fait un peu trop au détriment de la narration qui perd de son haletantisme.

 

Gageons que Thomas Gunzig, qui navigue à vue, entre Marcel Aymé, Boris Vian ou les Pieds Nickelés, rencontre avec La vie sauvage, tout le succès d'estime qu'il mérite. C'est d'ailleurs avec la même ferveur, la même curiosité que nous guettons déjà, le prochain opus de sa folle destinée littéraire.

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