LES RAMONEURS DE MENHIRS Breizh anok

18 Sep 2017

Paraît-il que le papa d'Astérix se serait inspiré du village d'Erquy, en côtes d'Armor, à une quarantaine de minutes de Saint-Brieuc, pour imaginer et donner corps au village du plus célèbre gaulois au monde. C'est d'ailleurs à Saint-Brieuc que réside Lorann de Bretagne (ou Loran), ex-Bérurier Noir, membre émérite des célèbres Ramoneurs de Menhirs, qui reviennent avec un album mélangeant punk et musique traditionnelle bretonne.

Les Ramoneurs de Menhirs sont quasiment une institution en ces terres armoricaines. Tout le monde les connaît, les a vu sur scène ou n'a ne serait-ce qu'entendu parlé d'eux. Brandissant haut et fort les oripeaux punks, le combo y incorpore bombardes, binious et cornemuses, instruments incontournables de tout (bon) groupe breton.

Si sur papier ce mélange peu paraître étrange, voire franchement antinomique, sur CD et sur scène, le résultat est tout autre. Surtout que dans le cas de
Breizh Anok (chez Coop Breizh), leur dernier opus, s'ajoute le Bagad Bro Kemperle (un bagad est une formation traditionnelle bretonne), qui les avait rejoint sur la scène du Hellfest, qui apporte un souffle épique, guerrier, à ces reprises de traditionnels punks et celtes réarrangées.

Sur cet album existe donc un souffle dévastateur, une dimension que le groupe n'atteignait que sur scène, grâce à son énergie folle et son esprit rebelle gardé intact au fil des ans. Les morceaux sont construits en deux parties. Une partie reprenant des traditionnels Trégorois, Kost ar'choat ou autre gavotte, l'autre plus typiquement punk, avec ses staccatos de gratte, ses rythmiques imparables, même si, dans le cas des
Ramoneurs, comme dans celui des Bérus, une boite à rythme fait office de batterie.

Côté chant, alternance, français, anglais, breton. Même énergie quelque soit la langue, même revendications (celui de la résistance, encore, toujours). Nous retrouvons même une version du célèbre
Porcherie et son « la jeunesse emmerde le front national », remis au goût du jour (Poutine, Trump, et Le Pen), malheureusement d'actualité. Ou heureusement car ce titre reste percutant, surtout lorsque, à sa suite, résonne le chant des partisans "made in breizh". Cet assemblage fait ressortir en nous une rage là aussi intacte envers la bêtise environnante.

Puissant, lyrique, bref, nous kiffons.

Comment conclure une telle chronique ? Peut-être simplement en disant que nous avons pris un réel et jouissif plaisir à écouter ses dix titres. Un large sourire s'épanouissait sur notre visage à leur écoute, comme si nous étions redevenus ces gosses qui, dans les eighties, s'éclataient en écoutant tous ces groupes punks,
Bérus et Pigalle en tête...

En cinq mots, nous conclurons définitivement ainsi : ils sont fous ces gaulois !

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