The SPARKS Hippopotamus

22 Sep 2017

 

Il y a des groupes qui dépassent l’entendement, tordant toutes nos prévisions, les rendant absconses, ridicules. Les Sparks sont de cette trempe, non contents d’avoir créé un style musical foutraque qui définitivement n’appartient qu’à eux, ils engrangent cependant les tubes de part et d’autre de l’océan.

 

Ce duo a su traverser toutes les modes, mieux encore il a su les créer.

Les deux frangins, vous l'aurez compris, se jouent du temps qui passe, tels deux funambules éternels, ils remplissent nos besaces de leur pop acidulée.

 

 

Les Sparks à l’instar de dandys, parfois kitschissimes, assurément frondeurs, et surtout cultissimes ont toujours eu le bon gout de sonner, de s’imprégner des couleurs du temps qui flotte, en ne laissant jamais leurs lauriers de rois de la pop brit-electro-internationale, se faner et mourir peu à peu. Et cet hippopotamus n’échappe pas à la règle.

 

Dès les premiers instants, les premiers arrangements, la machine vrombit de mille artifices qui pétaradent, nous cueillant comme des enfants, que nous ne sommes plus vraiment ; contre toute attente ces deux septuagénaires à l’ingénue grandiloquence, s’amusent de nous, d’eux, multipliant les effets de surprise, régénérant ainsi leur propre style musical.

 

Etonnamment la voix toujours aussi haut perchée de Russel Mael, n’a jamais sonné aussi juste et tandis que les chœurs carillonnent allègrement, les harmonies vocales s’échappent comme pour mieux souligner ces ambiances technoïdes, résolument ancrées en ce début de troisième millénaire. Entre chaque titre, lorsque nous étirons nos pavillons auriculaires, suinte une coloration baroque dont la résonance nous surprend encore. 

 

En filigrane, le piano, le clavier distille ses notes qui semblent douées de vie, tour à tour portées par la guitare, propulsée par la batterie qui insuffle cette sonorité rock. Cet opus déroule une à une ses pistes, comme autant de tentacules sucrées et pétillantes à la fois, qui ne manquent pas de nous apparaître essentielles, imparables et dont il est difficile de se départir. Les écoutes s’enchaînent : riches, étonnantes, déconcertantes mais empreintes d’une contemporanéité édifiante.

 

 

Cet Hippopotamus nous revigore, il nous propulse au delà de nos espérances, nous faisant même profiter de cette cure de jouvence inespérée; les Sparks furent le groupe de notre toute première déflagration pop. Les genoux cabossés, la morve au nez, le souffle coupé, ils modifièrent à jamais notre trajectoire, influèrent notre destinée musicale.

 

Parfois, il peut être bon de constater, qu'au fond, rien n'a vraiment changé...

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