TONY ALLEN The source

23 Sep 2017

 

Tony Allen n'est pas un nouveau venu sur la scène jazz. Il officie en tant que batteur depuis le milieu des années 60, alors qu'il accompagnait et qu'il était directeur technique de Fela Kuti. Mais ce n'est qu'au terme d'une dizaine d'album qu'il signe The source, son premier album chez Blue Note. C'est de ce dernier dont il est précisément question.

Blue Note, c'est le label jazz référence et qui dit référence dit classicisme, sobriété, et parfois même ennuie. Pourtant, The source ne rime pas avec au moins deux des qualificatifs précédemment cités, en ce sens que, s'il reste assez classique dans la forme, c'est à dire qu'il n'est pas free ou aventureux d'autres courant musicaux que le jazz, en revanche il n'est ni sobre ni ennuyeux.

Nous passerons évidemment sur la maîtrise de
Tony Allen à la batterie, car il va sans dire qu'il déchire tout, entre rythmiques métronomiques et jeu imaginatif, ce qui permet aux autres instruments d'avoir une assise stable, régulière, pour pouvoir s'exprimer pleinement.

Et c'est le cas ! Le jeu tout en subtilité du batteur, en changement de rythmes bien sentis, permet aux saxophones, trompettes, basses et guitares toutes les facéties imaginables. Le premier morceaux s'avère assez funky, le suivant plus jazzy mais avec une guitare presque reggae,  l'autre plus classique jazz (avec son piano typique, à contretemps), et ainsi de suite.

La lassitude se trouve donc chassée de cet album, comme un malpropre que nous laisserons à d'autres groupes sans talent. Nous sentons chez
Tony Allen l'envie d'en découdre, avec une certaine fougue juvénile malgré son âge avancé. Nous n'avons pas à faire à un vieillard sucrant les fraises, mais à un artiste qui en a toujours sous la pédale. Hem...

Des références jalonnent les 11 titres de
The Source. Si nous y retrouvons certains aspects à la Miles Davis ou John Coltrane, le tout est servi par des sonorités plutôt modernes, mises en valeur par une production irréprochable et des arrangements impeccables qui rompent la monotonie par l'insertion de cuivres bien sentis, ou par un coup de baguette, forcément magique.

Nous retrouvons également quelques sonorités propres à
Tony Allen, le créateur, à en croire son compère Fela Kuti, de l'afrobeat. Qu'il s'agisse de son jeu de batterie à proprement parlé ou des parties des autres instrumentistes, un petit vent d'Afrique souffle sur ses compositions.

Un groove bienvenu s’immisce sur la plupart des morceaux ; ça swingue, en douceur, ça décolle même franchement par endroit. Les reprises « en choeur » des cuivres apportent une chaleur qui irradie dans chaque note, dans chaque aspect de cette musique à l'énergie sans faille.

Parce qu'il faut voir dans le jazz cette énergie liée à l'improvisation, énergie créative, sans limites, si ce n'est celle de ceux qui la joue.

L'ensemble du disque dégage une impression de légèreté, de bien-être créatif, comme si l'âge n'avait aucune emprise sur ce batteur brillant, novateur et toujours dans le coup. Une preuve supplémentaire que lorsque le talent est là, il ne se fane pas avec le nombre des années.
The source porte dès lors bien son nom, celui d'une jouvence sans cesse renouvelée.

 



 

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