PUBLIC SERVICE BROADCASTING Every valley

30 Sep 2017

Il aura fallut deux albums à Public Service Broadcasting pour se faire un nom sur la scène pop Britannique. Relativement méconnus sur nos terres, les trois membres de ce groupe reviennent avec un troisième album, Every Valley, qui pourrait en séduire plus d'un.

Il convient tout d'abord, avant de dévoiler en quoi leur pop pourrait vous séduire, de revenir sur la spécificité de ce groupe atypique. Pourquoi atypique ? Simplement parce que
P S B se sert de fragments audios d'archive pour construire leur musique. Nous nous expliquons : le trio se sert de l'INA anglaise comme base pour construire leurs albums, conceptuels donc. Ces morceaux de bandes audios constituent dès lors la plupart des textes de leurs chansons.

Chiant comme la mort, nous direz-vous ? Eh bien pas du tout ! D'autres groupes le font, dans une moindre mesure, et
P S B pousse la chose à son paroxysme, sans nous ennuyer, notamment grâce à la richesse de leur musique.

Celle-ci se rapproche assez fortement du post rock. Nous la qualifierons donc de post pop, plutôt que de rock progressif. La plupart des morceaux repose sur une assise mélodique simple, pénétrante, qui se déroule progressivement par l'adjonction de nappes de synthés, d'arrangements et d'orchestrations diverses.

Les bandes sonores, grésillantes, effet radio garanti, apportent un contraste certain avec la magnificence instrumentale, ce qui apporte un relent d'originalité à la plupart des titres. L'effet est dès lors saisissant, d'autant plus que la lumière émanant d'
Every Valley contraste violemment avec l'obscurité des mimes, dont l'album traite.

Un morceaux tels
They Gave Me A lamp (dont le titre est parlant et qui se trouve ICI ) se veut joyeux, enjoué, fort, héroïque, ce qui prolonge cet effet contradictoire entre le travail effectué par les mineurs, labeur accablant, dur, pour ne pas dire quasiment inhumain physiquement, et la légèreté d'une musique apaisée, certes puissante, toute en nuances.

L'ensemble dégage une impression d'espace, de liberté créative, toujours en opposition avec le thème, ce qui, au lieu de dénaturer de le propos de
Public Service Broadcasting tend à le renforcer. Le respect envers les gueules noires, l'hommage du groupe pour ne pas oublier ce par quoi sont passés ces hommes de l'ombre, est présent, vibrant.

Cette musique qui prend le temps d'étaler ses développements mélodiques, qui s'imprègnent en nous comme la suie dans les poumons des mineurs, ne nous quitte dès lors plus. Certains arrangements restent en tête, nous pensons notamment à ces sonorités de clarinette basse sur
The Pit, et nous les fredonnons sans même nous en rendre compte.

Il faudra désormais compter sur ce groupe surprenant, différent. Si les thèmes qu'il aborde sont variés (leur deuxième album traitait de la conquête spatiale), nul doute que de belles surprises nous attendent, notamment s'ils se lâchent comme sur
All Out, morceau très inspiré par Mogwai, toutes guitares en avant.

Vous l'aurez compris, un album peut avoir du fond, une âme, autrement que par la simple imagination d'un groupe. Celle conférée par ces archives ne vise qu'à amplifier celle de
P S B, et nous, nous en réclamons encore !
 

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