GIRLS IN HAWAII Nocturne

17 Oct 2017

Ils devaient franchir l'Everest, celui de leur troisième album, mais également celui du deuil de leur batteur, Denis. Si ce troisième album portait en lui les stigmates de la douleur, avec ses sonorités plutôt graves, il a servi d'exutoire au groupe.

Passé de l'autre côté du sommet, il ne restait plus à
Girls In Hawaii qu'à redescendre, expurgé de ces blessures laissant les cœur meurtis à vie. Avec Nocturne, une page s'est tournée, mais le savoir faire, lui, est intact.

Le groupe fait partie de ce que la pop fait de mieux. Son travaillé, cohérence, mélodies implacables, rien n'est ici superflu, inutile. Au contraire, des éléments surgissent là où nous ne les attendions pas, à savoir des arrangements subtils, précieux, classes, émergeant de nappes toutes aussi superbes.

Si le premier titre d'inspiration Floydienne ne semble pas si éloigné de cela des titres des précédents opus, la suite s'en démarque, lentement, comme pour mieux nous accompagner dans ce nouveau paysage musical, dans ce nouvel élan que les Belges imprime à leur univers.

L'électronique fait une apparition suave, discrète, mais bien présente. Des programmations remplacent, sans en avoir l'air, la batterie, qui pourtant ne disparaît pas totalement, restant dans l'ombre pour mieux ressurgir et donner un coup de boost à des compositions proches de la perfection.

Ceux que les voix des chanteurs irritent devraient jeter une oreille à Nocturne. Le traitement sonore apposée sur celles-ci les rendent plus accessibles. Ceux qui aimait ces voix bien caractéristiques ne seront pour autant pas dépaysés car leur magie opère toujours. Entre douceur et fragilité, elles sont une des raisons qui nous font aimer ce groupe.

Sur le morceau
Monkey, par exemple, elles sont juste magnifiques, bouleversantes, faisant monter en nous une émotion que nous avons quelques difficultés à contenir. Toute en vulnérabilité, elles rendent le morceau touchant, émotionnellement parfait pour vider un surplus de mélancolie.

Sur d'autres titres, elles donnent envie de chanter, de participer aux mélodies ou de faire parti de ces choeurs dont les harmonies ne sont pas sans évoquer celles d'un célèbre groupe des années 60. Parfaites, surprenantes parfois, elles équilibrent les morceaux qui ne sombrent jamais dans la banalité.

Question sonorités, nous sommes là dans l'antithèse de ce qui fait la pop actuelle, à savoir qu'il n'y a pas ici de guitares brillantes, aiguës, mais des vraies guitares, folk ou électrique, même si elles sont moins présentent que par le passé. Les synthés, en revanche, ont pris le dessus, mais eux aussi sont travaillés de façon à sonner autrement que le tout venant mainstream.

Tout en continuant à creuser son sillon, après avoir évolué vers des sonorités plus électroniques, loin de perdre son identité,
Girls In Hawaii a au contraire gagné en force. Alternant morceaux épiques et/ou grandiloquents et d'autres plus intimistes, la variété de ce Nocturne ne fait que renforcer tout le bien que nous pensions des belges.

Nous ne pouvons que nous sentir emballé par ce disque, si différent de ceux qui l'ont précédé et pourtant si « pareil ». L'identité du groupe, la cohésion émanant de leur discographie en fait un des grands groupes actuels. Oserions-nous même dire que les
Girls In Hawaii sont les Beach Boys des années 2000 ?

Oui, nous osons !

 

 

 

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