JEAN-MICHEL GUENASSIA De l'influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles

21 Oct 2017

Paul a dix sept ans et mène une vie tout à fait banale, si ce n'est que sa mère est tatoueuse, et lesbienne, et qu'elle vit avec sa chérie, et qu'il n'a jamais connu son père.

Au collège, il se bat régulièrement (contre Jason Rousseau) secondé par son ami Alex, qui est amoureux de lui.

Ah, et au fait, Paul est androgyne, du genre que si vous ne le connaissez pas, vous ne pouvez savoir s'il est un garçon ou une fille.

 

Bref, sa vie banale ne l'est pas du tout.

Jean-Michel Guenassia nous raconte la vie de Paul dans son roman De l'influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles, paru chez Albin Michel. Outre le nom du célèbre musicien, c'est la couverture aux couleurs saturées qui nous a décidé à nous jeter dans cette histoire navigant entre autobiographie du héros et conte social.

Autant le dire tout de suite, nous ferons gagner du temps à tout le monde, nous avons beaucoup aimé ce bouquin. La description de la mère de
Paul est assez jouissive car elle nous montre un personnage excessif, extrêmement cash, même si traînant son lot de casserole (qui ne sont dévoilées que vers la toute fin du roman). Elle se déplace en Harley, a un caractère de merde, mais au fond d'elle cache une douleur qui ne la rend que plus humaine.

Le personnage de
Paul est lui aussi attachant.

 

En pleins tourments adolescents, le garçon va jouer de son physique, se faisant passer pour qui il n'est pas, s'attirant ainsi de petits déboires auprès de la gente féminine. Il quitte l'école, las de s'en prendre plein la tronche, et se lance dans la carrière de pianiste dans le restaurant de sa belle mère. En plus de cela, il est client mystère, métier qui lui permet de vivoter plus que de vivre réellement. Bref, il s'agit un peu du looser rêveur, ce qui n'est pas sans nous faire penser à... nous même.

L'écriture de
Jean-Michel Guenassia fait mouche, alternant vocabulaire riche et familier, tissant ainsi un portrait plus que réaliste. Il y a aussi, disséminé tout au long de ces 328 pages, quelques touches d'humour, un soupçon de romantisme, un trait de poésie.

 

L'histoire est superbement ficelée, écrite avec une fluidité qui fait qu'aucun moment de lassitude n'apparaît. Au contraire, un dynamisme maîtrisé nous porte du début à la fin, jamais plombé par des descriptions étouffantes. Ici, tout est dosé, soupesé, et nous sentons que chaque mot écrit est à sa juste place.

 

En résumé, l'auteur sait s'y prendre pour rendre les choses évidentes.

La toute dernière partie nous révèle le fin mot de l'histoire et dissipe le malentendu responsable de cette vie hors des sentiers battus. Ce malentendu, même s'il est un rien exagéré (mais juste un chouia, cela ne décrédibilise nullement l'histoire, ni n'amène de déception, bien au contraire), nous maintient en haleine de bout en bout. Nous n'avions pas réussi à imaginer une telle chute, et avouons que cela nous ravi au plus haut point.

Des surprises de ce niveau, nous ne demandons que cela !

Enfin, pour ceux qui se demande pourquoi le nom de
David Bowie est présent dans le titre de cet ouvrage, nous ne dirons que ceci : il a vraiment une influence sur la destinée des jeunes filles.

Nous ne saurions que trop vous conseiller de vous précipiter sur ce roman qui est la bonne surprise de cette rentrée littéraire. Et en attendant, rien ne vous empêche de réécouter un peu de
Bowie.
 

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