PPDA Eloge des écrivains maudits

12 Nov 2017

 

Nous aurons lu une fois dans notre existence un livre de PPDA, Eloge des écrivains maudits, sans avoir été, ni contraints, ni torturés ou suppliés et alors même que l'opprobre nous guette. Ou pas.

 

Pourtant, nous ne risquons pas pour autant, à l’instar de ces augustes figures littéraires, d'être maudits pour ce que nous écrivons aujourd’hui et demain, lorsqu’un linceul recouvrira nos dépouilles, que nos mots seront en proie à l’oubli. A l’indifférence.

 

Sous forme d’abécédaire l’auteur, se balade entre les décades, les dédales de sa mémoire, ses souvenirs les plus intimes.

 

Il nous raconte ces destins brisés, ces vies calcinées que rien ni personne ne peut sauver : pas même la littérature, le pouvoir des mots. Des maux.

 

 

 

 

 

En filigrane PPDA a au moins le mérite de poser la seule question qui vaille : le malheur forge t-il nécessairement les grandes œuvres ? Doit-on sublimer sa souffrance, légitime ou non, chevaucher vaillamment dans les plaines verdoyantes des paradis artificiels ? Faut-il tuer ses propres démons, ou se laisser peu à peu dépecer pour devenir son propre substrat ? Noircir ces pages, au péril de sa propre existence. Charnelle.

 

A bien y réfléchir et après avoir gentiment dévoré ces quelques 392 pages, il nous semble que le trait d’union entre tous ces grands écrivains, qu’ils soient riches, adulés, de bonne famille ou non, est bien évidemment l’ultra sensibilité qui les anime. Elle est à la fois le terreau de cette folie qui les exhorte à créer une œuvre singulière, oeuvre qui les galvanise et les dévore à la fois.

 

L’auteur ainsi s’emploie à nous décrire, pour chacun, la réalité de ce cocktail détonant : conditions de vie inhumaines, guerre, amour défunt, revers de fortune, livre confiné aux oubliettes, addiction récalcitrante, infirmité, maladies physiques, mais bien souvent névroses obsessionnelles qui les poussent au pire. Un à un.

 

A l’instar de la lumière qui les attire, le chaos n’est jamais loin ; il les accueille encore plus goulument, faisant vaciller ces colosses aux pieds d’argile. Des plus grands aux illustres inconnus, l’hécatombe s’instaure page après page, les récits et les existences se perdent comme autant de feuilles mortes qui s’arrachent. Précocement.

 

Malgré cela, aujourd’hui encore ces météorites brillent.

Elles nous éclairent le chemin, se jouant tout à la fois des ténèbres, de la mort et de la vie. Parcourir ces auteurs maudits, s’inspirer de ces existences déchues, de ces mots c’est peut-être aussi accepter l’idée, de déjà flirter avec l’éternité.

 

La nôtre, la vôtre, la leur…

 

 

 

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