MONDES FLOTTANTS Biennale de lyon

4 Jan 2018

 

Juste avant que la Biennale de Lyon ne referme ses portes et après plusieurs visites avortées, nous profitons des congés d'hiver pour enfin découvrir sur  deux espaces majeurs, la Sucrière et le Mac de Lyon cette quatorzième Biennale.

 

rappelons juste que cette biennale comme à son habitude, multiplie les supports, chaque artiste répondant au thème qui lui est imposé par sa culture, sa nationalité, son appétence, sa maitrise graffique ou technique, son intelligence, sa poésie, son époque ce qui fait que les substrats employés sont forcément polymorphes.

 

En clair, mieux vaut visiter la Biennale, en ayant l'esprit ouvert...

 

Nos avons été saisis par le travail de David Tudor, l'aspect ludique de son accrochage, interactif qui permet à tous d'entrer dans l'art contemporain, ces suspensions musicales se révèlent être une aire de jeu grandeur nature tandis que Calder nous fait toujours rêver, son mobile danse sous nos yeux, fragile, imposant et remplissant l'espace dans un équilibre parfait.

 

Ernesto Neto quant à lui perturbe nos sens, en emplissant l'espace de ses œuvres gigantesques qui modifient notre perception de l'espace:  sont-ce nos propres pas, nos propres errances qui gênent cette étendue de toile, nous forçant à courber l'échine, à lever les yeux au ciel, à regarder au delà de ce que nous pouvons percevoir, ou au contraire sont-ce nos propres pas qui finalement permettent à ces œuvres de pleinement exister ? Ainsi déchaussés, nous pénétrons le cœur de ces two collumns for one buble light et nous nous perdons joyeusement dans cette matrice, ce dédale fait de ouate et de douceur, de rondeur qui n'est pas sans nous évoquer les installations elles aussi gigantesques de Yaoyi Kusama, les pois en moins.

 

Enfin Hector Zamora a su nous convaincre par sa performance Ruptura, mêlant intelligemment, vidéo, performance, poésie, légèreté, musicalité lorsque le chaos se pare de l'espoir infini que tout est peut être possible, que des ruines, peuvent naitre de œuvres à l'intemporalité subjuguante, enivrante.

 

A peine le temps de déjeuner, que nous nous dirigeons comme bon nombre de nos contemporains vers la Sucrière, dont l'architecture n'a de cesse de nous épater. mais bizarrement, il nous faudra attendre un long moment pour être en phase avec l'exposition: le plateau du rez de chaussée nous semblant rempli d'installations sans aucune cohérence entre elles, si ce n'est celle de remplir l'espace proposé; à la queue leu leu, les plus imposantes dans l'axe centrale les autres sur les côtés...

 

Heureusement pour nous , les silos de ce lieu haut en couleur permet aux artistes de sublimer leur art, à l'instar de Susanna Fritscher qui par le jeu subtile d’hélices en mouvement, va  faire résonner à l'unisson  cette pièce toute en rondeur, quelquepart entre une poésie et une tonalité revigorante, lorsque le souffle crée s'inspire autant de l'héritage du lieu que de son avenir.

 

Doug Aitken réussit le pari audacieux  d'épouser lui aussi cet environnement tout en hauteur, en rondeur, mais surtout de faire s’interpénétrer et interagir les mondes dans une œuvre qui tient tout autant de la symphonie que des nouvelles technologies pour un résultat sonore, visuelle qui va au delà de nos espérances les plus imprévisibles. Assurément les coups de cœur qui mettront à mal le reste de l'exposition.

 

Cependant Philippe Quesne nous fera bien marrer avec sa caverne gonflable, Dominique Blais et ses cives, réussira à nous apostropher, entre souffle et légèreté, David Medalla nous replongera dans l'enfance, avec sa machine à bulles géante, que nous pourrions regarder durant des heures, tandis que Mathieu Briand sous ses airs de vulcanien, se joue des étages de la Sucrière, pour relier ses installations entre elles, comme s'il souhaitait que ses tentacules s'ancrent définitivement entre une réalité toute virtuelle, des jouets aux accents futuristes, mais animés d'une préoccupation toute contemporaine.

 

Merci et à dans deux ans...

 

 

 

 

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