PETER HOOK Substance

7 Jan 2018

 

Peu de musiciens, notamment de bassistes, peuvent se vanter d’avoir fait partie de deux groupes de rock cultissimes, Joy Division, New Order, d’avoir façonné le son de ces deux entités, en proposant un jeu, un son qui fut et reste la colonne vertébrale de toutes ces chansons produites pendant plus de vingt ans.

 

Peter Hook est de cette trempe.

 

Au travers de ces quelques 750 pages, nous découvrons un regard acerbe, une mémoire phénoménale, des anecdotes qui prêtent à rire, une passion à jamais renouvelée pour la musique, teinté d’une pudeur émouvante. Ces jours derniers sortait un live de New Order, le premier sans Peter

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Peter Hook attaque ce livre à partir de cet instant où le groupe se retrouve privé de l’essentiel : une direction artistique, une vision, une voix, une présence, un charisme de chaque instant ou presque. Paradoxalement, les membres du groupe pour survivre, et aussi sous l’impulsion de leur manager Rob, fondent New Order en entamant un virage musical qui en surprendra plus d’un : la musique sera festive, joyeuse, synthétique, électronique, dansante, gaie ? Où elle ne sera pas.

 

Aussi bizarre qu’il puisse y paraître, saisissant alors les opportunités telles qu’elles apparaissent, le groupe, alors qu’il ne possède que quelques compositions abouties, propose  des sets ultra courts qui serviront surtout à déclencher des bagarres dans tous les coins de la terre, à l’instar de tout bon punk qui se respecte.

 

Malgré cela, le groupe avance, contre tout, contre lui même, les premiers albums s’enchainent comme par magie, juste avant que les soucis inhérents à tout music business, ne fassent leur apparition. La première et non la moindre étant d’ouvrir un club, l’Hacienda, faisant office de label, ce qui sur le papier, pouvait servir les intérêts du groupe, servira surtout ceux de personnes soucieuses de leurs propres poches. Alors que le succès grandissant va générer des sommes astronomiques, qui seront automatiquement réinvesties ou détournées dans ce club, qui au fil des années, malgré l’excellente réputation du label, ne sera qu’arnaque éhontée, imbécilité et jeunesse mal digérée. C’est à peine si, comme tout groupe de rock à succès qui se respecte, nous  parlerons de la répartition des droits entre musiciens, droits mécaniques ou droits d’auteur qui relèvent de la même gageure, aussi farfelue que conflictuelle.

 

Evidemment, les membres tombent peu à peu dans le grand barnum du rock’ n roll, à savoir les filles, la came, les montagnes de came, partout, tout le temps que Peter Hook n’est pas d'ailleurs le dernier à s’envoyer. Les tensions au fil des ans, s’accentuent, les non-dits s’accumulent notamment entre Barney le frontman, compositeur, dont la quête irréelle de sons électroniques pousse à vouloir tout contrôler.

Les hommes comme les machines.

 

Dans ce chaos que rien ne semble pouvoir stopper, le bassiste à l’éthique inoxydable, livre année après année, un combat dantesque afin que son instrument de prédilection reste l’ossature organique de chaque morceau que compose, joue, défend le groupe. Les années passent, les projets parallèles se succèdent pour les uns et les autres, les reformations aussi, les espoirs autant que les désillusions s’enchainent jusqu’à ce jour fatidique de 2007 où le génial bassiste part définitivement.

Vivre enfin.

 

Mais au delà de ce que nous connaissons déjà de ce genre de livres, l'auteur réussit à apposer sa patte, notamment en fournissant une multitude de détails sur ces décades qu’un généalogiste ne renierait pas. Mais surtout il ne se départit jamais de son humour anglais, de ce ton acerbe et pourtant clinquant dont la justesse nous saisit. Loin des pleurnicheries, il reste égal à lui-même, ne cachant rien de ses frasques, ni de ses échecs, ou de ses angoisses.

 

Ainsi c’est avec un mélange habile de bollocks et de sérénité retrouvée, qu’il évoque ses déboires amoureux, son alcoolisme, ses addictions, qu’il aborde le temps qui passe, les proches qui disparaissent tandis que les procès continuent de pleuvoir avec ce groupe qui l’a vu grandir et s’envoler. Qui d’autre que Peter Hook pouvait finir ce livre par une page pleine de remerciements dont les derniers mots sont ceux-ci : « Merci à Rebecca, Keth, Kevin… tous les autres peuvent aller se faire foutre ».

 

Punk un jour…

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