CHAPELIER FOU Muance

8 Jan 2018

 N'avez-vous jamais ressenti la musique de façon totalement imagée ? Dans le cas de Muance, de Chapelier Fou, nous la percevons de la façon suivante : il s'agirait de bulles de savon qui, s'élevant les unes après les autres, se dispersant dans le ciel au gré du vent, en éclatant de façon aléatoire, produiraient des sonorités différentes, des éléments d'un univers musical riche et original.

Le Chapelier Fou, personnage du célèbre Alice Au pays Des merveilles, évoque pour nous un univers étrange, à la fois coloré, joyeux et presque naïf. Cette impression transparaît dans les couleurs émanant de l'album du Messin, Muance (contraction de mouvement et de nuance qui nous propose, sur des thèmes presque classiques, une musique électronique qui sort des sentiers balisés.

Chapelier Fou (Louis Warynski de son vrai nom) possède le don de mélanger l'organique avec le mécanique. Entremêlés dans des pièces instrumentales, des parties classiques (faites de violons, de violoncelle, de guitares également), se marient avec élégance aux architectures électroniques (faites de samplers et de programmations).

Se servant de nappes de violon, d'effets de style caractéristiques du classique (staccato par exemple), pour assaisonner lesdites programmations, répétitives, avec leurs nappes de claviers aux sonorités très personnelles, il apporte une richesse et une chaleur à un univers qui pourrait sembler un peu froid de prime abord.

Nous parcourons donc les 11 titres de l'album, pour une cinquantaine de minutes d'écoute, comme des enfants émerveillés. Nous pénétrons dans l'espace onirique de
Philémon, rencontrons l'Oracle, puis prenons la poudre d'escampette lors d'Artifice. Ses trois morceaux, porte d'entrée à Muance, nous accueillent de la meilleur de façon, en modelant notre perception à l'image de ce que Chapelier Fou à imaginé.

Nous quittons dès lors l'univers propret de notre intérieur pour nous inviter dans le sien. Paupières closes, mais tympans grands ouverts, la déambulation commence à travers des tempi entraînants, ou plus introspectifs, sans crainte de nous perdre dans le dédale de cette musique innovante.

L'idée d'un labyrinthe s'offre dès lors à nous, non pas que la musique de l'artiste soit dure à appréhender, mais plutôt parce que chaque recoin nous apporte une surprise, une émotion nouvelle, avant que nous retrouvions la sortie et quittions cet univers enveloppant.

Bien entendu, il faut, pour vivre cela, entendre la musique de
Muance. Dès lors, vous comprendrez mieux où veut en venir cette chronique. Nous ne pouvons qu'affirmer que cet univers propice au(x) rêve(s) nous apporte une légèreté de l'âme.

 

Voilà qui est déjà énorme !

Please reload

Articles Récents
Please reload

Archives
Please reload

  • Facebook - White Circle
  • Twitter - White Circle
  • 1447126333_mail-icon