BRUNO MAJOR A song for every moon

23 Jan 2018

Ce disque-là, nous l'avons gardé bien au chaud durant les fêtes de fin d'année, période durant laquelle la surconsommation de masse nous rendait passablement malade. Alors, tandis que la grisaille et le froid, tandis que la fatigue et le dégoût de ce monde consumériste à l'extrême nous entraînaient là où nous ne voulions pas nous rendre, nous chaussions nos casques et nous partions dans cet espace voluptueux, celui de Bruno Major et de son album A Song For Every Moon.

Ce disque s'écoute comme une parenthèse, une de celle qui nous permet de nous déconnecter de ce monde qui décidément court à en perde haleine, lièvre essayant vainement de rattraper le retard sur l’hypothétique tortue du temps qui passe. À peine le premier titre entamé, toute agitation se suspend, et alors que les premières notes s'égrainent dans nos oreille, le silence et l'agitation se font autour de nous. Ce son se propage en nous, c'est un disque soul.

Soul, l'âme, qui porte si bien son nom.

Métissé de quelques accords jazz, d'une approche pop feutrée, élégante, l'heureux mélange s'appuie sur une voix de crooner, à la fois chaude et enveloppante, suave, sexy, mais également pleine d'une vulnérabilité aux reflets de modestie. Cette voix, jamais mièvre, se mélange à cette musique généralement codée, même si elle répond ici à une autre logique.

Refusant la facilité, la musique se fait exploratrice, surfant notamment sur quelques nuances électro dont les programmations syncopées, en pointillé, installe un sentiment de fragilité. Si le nom de
Bruno Major est presque banal, sans relief, les tessitures de son album, elles, sont contrastées, vibrantes, chargées de couleurs luxuriantes.

Ce disque est soul, dans son aspect le plus littéral qui soit. En ce sens, il nous porte, nous guide, nous montre un ailleurs dont le message nous parvient par les méandres de nos corps, de nos histoires ; nous entendons ce message au delà de la barrière de la langue.


A Song For Every Moon, oscillant entre fragilité et force, entre émotions introspectives et invitation au rêve, nous réchauffe le cœur en cette période hivernale. Il nous réconcilie également avec le temps qui passe, avec ceux qui sont partis, avec ceux qui restent. Et, fondamentalement, il nous reconnecte avec l'essentiel, avec ce qui fait de nous des êtres de chair et de sang.

Alors que dehors une foule hiératique se dépêchait d'acheter produits à profusions, cadeaux jusqu'à l'overdose, nous restions au chaud, emmitouflés dans cet opus rassurant, auprès de ceux que nous aimons, réconfortés dans cette idée que, non, la vie, ce n'est pas courir partout, tout le temps, mais rester là, sans rien faire, à contempler un paysage saisissant, à regarder rire nos enfants, à écouter le bruit du vent et à voir tourbillonner les feuilles mortes du noisetier.

Puisque nous vous disions que ce disque était celui de l'âme... Soul.

 

 

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