KLUB DES LOOSERS Le chat et autres histoires

7 Feb 2018

Retour sur ce disque pas facile à dénicher, mais nous y sommes enfin arrivés : Le chat et autres histoire, du Klub Des Lossers, se savoure.

Quelques années après la parution de
La fin de l'espèce, Fuzati revient sur le devant de la scène pour un album une nouvelle fois terriblement ancré dans une réalité : la sienne.

Enfin la sienne, nous nous comprenons. Comme il le dit lui-même, il ne faut pas confondre l'auteur avec son personnage. Alors plutôt que de parler de réalité, nous parlerons de vérité. Dans cet opus donc,
Fuzati, tête pensante, parolier, auteur compositeur interprète, secondé par un batteur, un bassiste, un percussionniste, nous les délivre. Coup de bol, ses vérités sont aussi souvent les nôtres.

Elles sont celles du quotidien. Souvent mélancoliques quand elles ne sont pas colériques, ses paroles décrivent la solitude, la vacuité de l'existence, les relations douloureuses, le manque d'espoir. Souriant tableau de la vie, non ?

Comme dans
La Fin de l'espèce, la musicalité des morceaux est présente, souvent bluffante tant le monde du rap semble s'enfermer dans un carcan de beat électroniques parfois insipides et de simples samples pas toujours très inspirés. Ici, ni samples ni électronique à outrance, juste un vocoder sur deux refrains, pas franchement déplaisant car limité dans le temps. Bon point.

Sur des arrangements plutôt pop/soul,
Fuzati pose son flow si particulier pour un résultat que nous qualifierons de parfait. Mais une chose cependant nous irrite, un petit quelque chose qui n'existait pas sur La fin de l'espèce, à savoir le doublement de la voix pour appuyer les fins de phrases, ou une idée « percutante ». Systématique sur la plupart des titres, nous doutons de sa pertinence. Le trop est l'ennemi du bien paraît-il, nous en avons là la preuve.

Tant que nous en sommes à parler de ce qui nous déplaît, allons-y gaiement. Le titre
Le Chat nous paraît être une incroyable faute de goût de la part de cet esthète. Paroles pauvres, peut-être dans un esprit de provocation, mal rappé, ce morceau détonne des autres par son inintérêt. Un ou deux autres titres un peu moins forts sont présents sur l'album, mais ils révèlent malgré tout des idées intéressantes, en plus d'un sens aiguisé de la rime.

Pour le reste, nous avons une fois encore droit à une écriture ciselée, incisive, mordante. Moins misanthrope que La fin de l'espèce, nous sentons dans
Le chat et autres histoires un auteur soit plus apaisé, soit plus adulte (voire les deux), pourtant ses compositions nous montrent encore le côté obscur des relations humaines. En l’espace de trois minutes et des poussières par titre, Fuzati nous déroule une histoire, un univers qui, s'il n'est pas impitoyable, révèle les tares de notre société.

Bien sûr, il ne s'agit là que de son point de vue, qui est aussi bien souvent le notre. Et puis il ne faut pas confondre l'auteur avec son personnage, il le dit lui même. Pourtant nous nous sentons proches de lui, un peu comme s'il faisait partie de la famille. Que nous aimions ou pas son style, il faut avouer que le
Klub Des Lossers possède un petit truc en plus le rendant unique dans le paysage rap hexagonal, sans doute grâce à son esthétisme (images employés, richesse musicale, textes au cordeau, sans rimes faciles) et un univers personnel saisissant.

C'est pourquoi nous passons sur les deux fautes de goûts du
chat et autres histoires. Nous terminerons simplement en signalant que le dernier titre du LP, Neuf Moins Huit, est un petit bijou, qui bizarrement, ou pas, nous émeut particulièrement, sans doute parce qu'il dégage une sincérité sans pudeur.

 

Et ça, franchement, nous adorons.

 

 



 

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