SAMUELE Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent

21 Feb 2018

Et si nous tenions là la véritable surprise de ce début d'année ? Parce qu'il faut le dire, lorsque nous avons reçu Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent de Samuele, nous ne faisions pas les marioles.

Pourquoi ? Parce que
Samuele est canadienne, québécoise, et fait de la chanson rock francophone. Déjà, vous nous imaginez, une sueur froide coulant le long de notre colonne vertébrale pour venir mourir en haut de notre raie du cul. Et puis vous nous voyez tremblant, le cœur sur le point d'exploser sous la terreur de devoir nous taper une Isabelle Boulay, une Natascha St-Pierre ou autres Linda Lemée. L'horreur intégrale.

Et dès le premier titre, c'est la panique à l'état pur, la peur bleue, celle que nous ne maîtrisons pas ! Un long monologue avec un accent à trancher au couteau qui nous raconte la condition de la femme. Horreur qu'on vous dit, au point que le CD finit presque par atterrir dans le poêle à proximité. Hors de question pour nous d'entendre une énième chanteuse à texte et/ou à voix, on préfère encore se tailler les veines et faire une infusion avec le fruit de cette saignée.

Mais là, magie, surprise, ô espoir ! Le deuxième morceau commence sur un bon petit riff électrisé, une batterie bien posée et une voix qui instantanément nous plaît. Pourquoi ? Parce qu'elle a un petit grain inimitable, très rock, très soufre, et aussi parce qu'elle chante vachement bien. Alors on se penche un peu sur les paroles et deuxième surprise, elles ne sont pas gnangnan pimbêche moralisatrice, comme ce que peuvent nous pondre les québécois émigrés en France. Nan ! Ces paroles-là ont un sens, un groove, un feeling qui n'appartient qu'à cette chanteuse.

Alors, nous décidons de garder le CD dans la platine et de nous asseoir à côté du poêle, un verre de sky dans la main, parce que, ouais,
Les filles sages... s'écoutent à la rock attitude. Nous essayons de passer tous les points forts de l'album, à la chaîne, comme ça, pour le fun, et force nous est de constater qu'ils s'enchaînent aussi bien que trois-quatre verres du breuvage ambré que nous tenons dans nos mains : instrumentation béton où pointent ici et là cuivres et vents pour apporter une couleur chaleureuse, production précise, un poil revêche et impolie, histoire que l'électricité jaillisse comme il faut des enceintes, lignes de chant parfaites, une voix qui n'installe aucune sorte de lassitude. Bref, hormis le fait que parfois nous ne comprenons pas tout à la première écoute, faute à cet accent qu'on en vient à adorer car il apporte une musicalité, pour nous, originale, ce disque tient méchamment la route.

Et puis, les textes, beaux, un peu désespérés, désabusés, aiguisés par une plume affûtée. Nous en venons très rapidement à reconsidérer les chansons d'amour sous un autre angle, plus... le mot nous échappe... Plus charnel, juteux, euphorisant, un peu beaucoup à la folie. Pas aussi simple de nous faire chavirer de ce côté-là, pourtant en ne jouant pas avec l'émotion facile, la Dame la provoque de façon imparable. C'est beau quoi !

Nous croyons pouvoir dire que
Samuele va nous tenir compagnie durant un petit moment. Québécoises, Québécois, vous nous avez compris ! En tout cas, l'esprit insoumis, rebelle de Samuele (mais pas pour la forme, nous la croyons sincère dans ses dires), la rend aussi attachante que pertinente.

Une artiste comme nous les aimons.

 

 

 

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