OTIS STACKS Fashion drunk

6 Mar 2018

 

Qu'avons-nous fait aux dieux de la musique ?

 

Alors que notre boite e-mail vomit chaque jour son lot de nouveautés, que tous les styles musicaux y surnagent dans un foutraque jouissif, quelle ne fut pas notre surprise, de glisser Otis Stacks dans le lecteur, malgré la gouaille peu reluisante des deux compères qui semblent échappés d'une autre époque.

 

Nous adorons cet instant ou nos jugements perfides et imbéciles à la fois, prennent le pas sur nos appétences musicales, juste avant que les premières notes ne s'échappent et nous pulvérisent...

 

 

Cet album est tout sauf poussiéreux, (la faute à la pochette ? ) le son est moderne, cotonneux à souhait, vivant, trépidant et contraste habilement avec le temps pourri qui condamne nos fenêtres et nos âmes à cette tristesse abyssale qui nous étreint. Pourtant, ici c'est bien tout l'inverse dont il s'agit: ça groove, ça pulse, ça swingue dans un mid-tempo de bon aloi, tandis qu'une voix de velours assoit les textes de ce duo, décidément surprenant, édifiant, rantanplan.

 

Immanquablement nous songeons à Massive Attack, Everlast, Nat King Cole.

 

Tout au long de ces neuf titres se dégage une indolence contagieuse qui nous pousse à nous enfoncer un peu plus dans ce fauteuil club de cuir, le casque rivé sur les oreilles, alors que le bruit à l'extérieur se répand sur le bitume. Rien ne peut véritablement nous extraire de cette ambiance feutrée, au style assurément kaléidoscopique  : jazzy feutré, trip-hop, electro popisante, soul.

 

Aussi bizarre qu'il puisse paraître, une harmonie viscérale se dégage de cet opus, elle nous enveloppe, se ballade tout le long de cette échine qui n'en demandait pas tant et qui tel un félin des faubourgs, se met à feuler de plaisir alors que les caresses se font plus intenses, plus denses. Dance.

 

Les textes s'égrènent un à un, exhumant ce qu'il y a de beau et de pire en chacun de nous, traînant dans ce sillage liquoreux, une basse vrombissante qui magnifie ces sentiments contradictoires dont l'éminente portée, n'échappe à personne. Enfin nous entrouvrons la porte, nous nous laissons glisser doucement vers la sortie.

 

Tiens il pleut, c'est vrai...

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