THE PACK A.D Dollhouse

14 Mar 2018

Revival nineties ? C'est fort possible à l'écoute de ce Dollhouse qui reprend, au moins dans sa production, certains codes hérités de cette décennie ayant vu éclore, et se refermer, des groupes qui nous sont chers (tels les Guns n'roses, dont nous venons de chroniquer une biographie exhaustive en français, ICI, et Nirvana, pour n'en citer que deux). La différence entre ces groupes sévèrement burnés et The Pack A.D ? Ce dernier est un groupe de nanas, eh oui, mais qui n'a rien a envier aux couillus des groupes suscités.

En fait de groupe, il s'agit plus exactement d'un duo, composé de
Maya Miller (batterie) et Becky Black (guitare/voix). Si la formation peut paraître un peu restreinte sur le papier, il en est tout autre sur CD, notamment parce que The Pack A.D meuble tout l'espace sonore avec son rock puissant et mélodique.

Pour être totalement honnête, d'autres groupes font du rock puissant et tout aussi mélodique que les canadiennes, mais ne récoltent pas tous nos suffrages. Pourquoi ?
Dollhouse est-il plus original ? Dans le fond, non, même si les compos sont efficaces, elles dépotent même parfois, et que les orchestrations sont futées, malines, car elles ne laissent pas à penser que seules deux personnes sont aux manettes.

Dollhouse est-il mieux joué que les disques de la concurrence ? Non, pas forcément. Bon, il est quand même sacrément bien joué, ne le cachons pas, mais il n'y a rien ici de techniquement irréalisable. La production est pointue, démontre une envie de bien faire évidente (et c'est parfaitement ce qu'elle arrive à faire), et nous prouve qu'à force de rouler sa bosse, on parvient à développer comme un sixième sens, celui d'une forme de perfection intime.

Dollhouse est-il plus révolutionnaire que les autres ? Il l'est peut-être dans ses paroles, dans son attitude riot girls aussi, mais il ne révolutionne pas la musique à proprement parlé. Utilisant un peu les technologies modernes en arrière-plan, il ne remet pas en cause la forme même du rock, à savoir qu'il faut une batterie qui cogne et une guitare qui riffe pour faire du bon travail.

Alors quoi nous direz-vous ? Pourquoi ce disque plutôt qu'un autre ? Qu'est-ce que possède
Dollhouse que certains autres disques n'ont pas ? Eh bien, cet album possède une âme. Oui, véritablement. Une âme ! De celles qui ont cherché leur voie, leur personnalité à travers les épreuves, de celles qui n'ont jamais rien lâché, de celles qui ont combattu pour faire entendre ce qu'elles avaient à dire par le biais de leur art, de celles qui disent « jamais nous n'arrêterons parce que nous sommes faites pour ça », de celles qui croient dur comme fer que là est leur raison d'être, d'exister, de vivre.

Cet album possède quelque chose qui ne s'écoute pas, qui ne s'entend pas, mais qui se ressent, profondément. Il possède une aura incroyable, un magnétisme que nous croyions perdu.
The Pack A.D ressuscite cela, cet esprit très années 90 de l'urgence, de la violence, mais avec une touche qui n'appartient qu'à elle, une touche de féminité couplée à une musique, à tort, considérée d'hommes.

 

Parce qu’à l'époque de metoo et de balance ton porc, être un groupe de femmes n'est toujours pas évident, alors quand il en émerge un, et qu'il est sacrément bon qui plus est, nous applaudissons et en redemandons.

 

NOTA : Le groupe sera présent au festival Les femmes s'en mêlent qui aura lieu les 15-16-17 mars au club La machine du Moullin Rouge à Paris.

 

 

 

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